L.A. Rush (Once Upon a Time in Venice) (2017) 5.5/10

Des prises de vue de qualité au service d’un film d’action… pas terrible.

Ce film est inconsistant, soit ! Et donc pour tenter de sauver les meubles, il fait tout ce qu’il peut pour mettre en valeur une seule vedette : Bruce Willis. L’acteur a même droit d’être en premier au générique, en très grandes lettres. Les autres étant loin derrière et en tout petit. Il n’y a vraiment que lui.

Ils le tiennent, ils n’ont que cela, ils ne vont pas le lâcher.

Et comme leur héros a passablement vieilli, ils se chargent de mettre en scène son âge. « Vous n’êtes pas un peu trop vieux pour être un livreur de pizza ? »

  • C’est du 62 ans d’avant, car comme il n’a visiblement par recours à la toxine, il en paraît plus selon les critères d’aujourd’hui.

On fait cela maintenant assez régulièrement pour remettre en selle les stars, en tout cas pour les hommes. Les grands noms à l’affiche sont toujours racoleurs. Et si l’acteur est usé on lui taille un costume à sa mesure. Rien ne se perd, tout s’exploite.

Et donc les vieux chevaux de retour comme lui, galopent ou plutôt trottinent, comme ils peuvent, dans ces vigoureux films d’action. Le plus souvent en mode semi-comique.

Notre Bruce tout puissant nous fait d’ailleurs un beau numéro à poil sur un skate-board au cours d’une poursuite infernale dans les rues de L.A. Il est tellement nu, que lors d’un contrôle, il sera obligé de coincer son pistolet entre les fesses pour pouvoir lever les deux mains. Et il faut reconnaître que Bruce a gardé un corps enviable (pas par moi, par les femmes et apparentées ! Dont sa belle et jeune épouse Emma Heming)

L’histoire n’est pas terrible. Cet ex policier reconverti dans les filatures n’a pas grand-chose à nous dire.

Les incursions dans le comique avec son jeune associé tombent à plat.

Il n’était vraiment pas nécessaire de nous inviter à une réunion des obsédés sexuels anonymes, pour nous présenter la jolie bimbo du film, Jessica Gomes (*). D’autant plus que si elle est vraiment malade au sens médical du terme, alors il n’est peut être pas très moral de la faire coucher avec Bruce et son associé. La Samoane en fugue est recherchée par ses deux frères patibulaires, ce qui donne lieu à poursuites et bagarres.

Et puis il y a cette inconsistante histoire de petit Milou blanc qui est au centre de toutes les attentions. Ce chien-chien est kidnappé par les uns et récupéré par les autres. Et visiblement ils sont tous prêts à sacrifier beaucoup pour le récupérer. On ne fait pas un bon film d’action avec cela. Et ce n’est pas trop drôle non plus.

John Goodman qui joue le rôle du bon copain – en plein divorce – semble dépassé et plutôt has-been. Il a un look de chien perdu, un Shar-Peï bien plissé. C’est triste. Ce n’est pas médical ce que je vais dire maintenant. Il était mieux avant qu’il ne perde 50 kilos.

L’affaire du torpillage d’un agent immobilier par un autre, avec l’aide d’un grapheur pervers, ne tient pas la route. Les immenses graffitis pornos sur les immeubles du concurrent semblent éminemment traçables et faciles à neutraliser. Et le commanditaire n’a pas à se délester de millions de dollars pour se sortir de là. Le scénario s’est embarqué dans un truc pas crédible et qui ne fait pas rire autant que cela.

Je ne suis pas très emballé non plus par cette affaire de trafiquants de cocaïne. C’est toujours un peu la même chose : du paraître outrancier car il faut avoir le look radieux du beau dealer bodybuildé (Jason Momoa), de la violence extrême, des règlements de compte et des p’tites pépées mono-neuronales.

  • Neurones ? A titre d’exemple le caenorhabditis elegans, qui ne passe pas pour une flèche, a lui déjà 302 neurones et l’homo sapiens 86 000 000 000.

Ce qui est plus embarrassant, c’est que les gentils aident le caïd à retrouver une cargaison volée de drogue, en raison d’un échange de service. Et qu’ils finissent pas convenir que c’est un brave type qui tient parole.

Je n’aime pas trop ces courbettes devant des semeurs d’addiction, de destruction et de mort. Mais ce n’est pas le premier film où l’on semble accepter cela et où ce crime impardonnable et sans noblesse aucune, est clairement encensé et impuni. A croire qu’une partie de la dope a été redistribuée aux acteurs, à la réalisation et à la production. Et que ce n’était pas de la farine.

Malgré tous ces efforts promotionnels, le film n’a pas connu un grand succès. Il y a donc quand même une justice.

(*) Jessica Gomes est supposée être une Samoane dans le film. En fait c’est une Australienne joliment métissée avec un père Portugais et une mère Sino-Singapourienne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L.A._Rush


Bruce Willis

Jason Momoa
Thomas Middleditch
Famke Janssen
L.A. Rush (Once Upon a Time in Venice) (2017) 5.5/10
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