La dénonciation (1962) 5/10

Un film noir et blanc, d’apparence classique, avec des acteurs de renom. Mais le bas blesse. Le scénario est inutilement embrouillé et le spectacle s’avère assez mal géré.

Il y avait pourtant une bonne idée au départ.

Maurice Ronet, qui mène une belle vie tranquille, se retrouve par hasard dans une scène de crime. Des personnages sur les lieux, interviennent et l’assomment. Il perd conscience et dès lors, il aura du mal à reconstruire clairement ce qui lui est arrivé.

Il est rapidement mis hors de cause par la police. Le danger vient de ceux qui craignent qu’on les dénonce.

Mais Ronet a un problème de conscience. Il a un lourd passé. Pendant la guerre, il a été contraint de parler sous la torture. C’est resté un secret. Il ne s’en est jamais totalement remis. Du coup, il peine à désigner ces coupables potentiels, qu’il a plus ou moins reconnus.

Ceux-ci font pression sur lui pour qu’il se taise. Au bout du compte, notre jeune premier de 35 ans pense pouvoir les préserver. D’ailleurs, on l’apprendra sur le tard, l’assassin semble avoir agi avec un assez bon pourcentage de légitime défense. Le silence du témoin ne devrait pas trop embarrasser la morale.

Les policiers qui se doutent de quelque chose, tenteront eux aussi de le pousser dans ces retranchements, mais en sens inverse.

Finalement tout semble s’arranger, mais…

On aurait pu faire quelque chose de bien plus intéressant avec cette reconstruction du puzzle, surtout à partir du moment où l’on pouvait compter sur cette étonnante brochette de bons acteurs.

Mais il fallait d’abord se débarrasser de tout un fatras. Le côté 5 dernières minutes, les filles dénudées dans une boite de nuit, la torture et anciens résistants, les prises de tête, les dilemmes cornéloïdes, la voix off et tutti quanti, finissent par donner à l’ensemble l’aspect d’une grosse baudruche aux couleurs criardes. L’argument initial est surgonflé avec du pathos facile. Sans compter que ces éléments superflus, pris individuellement, sont autant de scènes déjà vu, en long et en large. Avec cette récurrence maladroite, on pourrait parler de tics ce cinéma. Ce qui est pour le moins déroutant quand on sait d’où vient le façonnier.

En effet, le réalisateur Jacques Doniol-Valcroze est un autre de ces journalistes des Cahiers du cinéma. Il en a même été le cofondateur. Un de ceux qui est passé de l’autre côté.Mais lui ne laissera pas de traces indélébiles. Contrairement aux rebelles de la revue : François Truffaut, Éric Rohmer, Jacques Rivette, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard…

Cette composition hybride est loin de former un grand cru, mais un cocktail éventé et peu savoureux… et qui, plus que le coup sur le crâne initial, fait mal à la tête.

Vous reconnaîtrez plusieurs rôles dont certains étaient, ou sont devenus, des grands de l’écran.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_D%C3%A9nonciation

Maurice Ronet
Françoise Brion
Nicole Berger

La dénonciation (1962) 5/10
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