L’Ami d’enfance de Maigret (2003) 8/10 Cremer

C’est pourtant simple !

Une bonne histoire policière avec des caractères bien dessinés, un scénario solidement charpenté, une réalisation sérieuse, des acteurs de premiers plans… et voilà un téléfilm français qui vaut mieux que bon nombre de coûteux long métrages. Qu’on se le dise !

C’est tellement riche qu’on pourrait dire que le suspense vient en plus. Une cerise sur le cadavre.

Florentin, admirablement joué par Roger-Pierre, est l’ami d’enfance de Maigret. Une vraie plaie et cela de ne date pas d’hier.

Suite au meurtre de son amante/protectrice, il vient demander secours au commissaire. Ce petit escroc décati, qui vivait au crochet de la victime, a une longue expérience de l’embobinage et des tartuferies en tous genres. A quel point sa demande est sincère ?

Il est tellement crédible dans ses mensonges intéressés, que tous se laissent prendre. L’acteur est formidable dans ses pleurnicheries, ses flatteries, ses revirements. Son faux recul, ses étonnements factices sont au service de ses ruses. Il utilise tout son spectre de comédien avec justesse. Quel magnifique manipulateur !

A tel point, que même nous autres spectateurs, nous avons vraiment du mal à l’incriminer d’une manière ou d’une autre dans cette affaire. Seul Maigret, qui le connaît bien, se doute qu’il a un grand secret à cacher. C’est subtil.

La belle avait plusieurs amants lucratifs, lesquels ne se doutaient pas qu’elle était également entretenue par les autres.

Roger-Pierre, incrusté chez elle, se faisait passer pour son frère, auprès des pigeons. Il se permettait de les taper eux aussi.

Hubert Saint-Macary joue un amant sentimental friqué, qui s’est fait totalement berné. Mais qui a énormément de mal à l’accepter, une fois que Maigret lui révèle la situation.

Philippe Morier-Genoud incarne un vieux beau de la haute, sans doute un poil plus lucide, et qui va finir par comprendre le manège.

François Feroleto est un jeune vendeur d’assurance. Il est très beau, très viril et n’a pas l’air idiot pour autant. C’est le seul que la défunte aurait vraiment aimé en son temps, de manière désintéressée. Elle aurait pu être sur le point de laisser tout son bastringue pour lui. Une grenade dégoupillée.

Marianne Groves nous fait une concierge gaie et insouciante, mais qui si l’on gratte un peu, pourrait avoir des révélations à nous faire. Elle a forcément vu quelqu’un passer au moment critique. A moins que… Là encore, sa prestation est remarquable de justesse et de précision. Ce qui nous donne un « naturel » appréciable. Difficile de ce fait de lire entre les lignes. Certes, il y a des indications, il y a une logique. Mais ses grands rires désarçonnent. Non, elle n’a forcément rien à voir… ou peut-être que si…

Chacun y va à sa mesure et selon sa psychologie. On est servi. Beau spectacle ! C’est tout Siménon avec ces failles si bien exposées en plein jour.

Le problème c’est que c’est forcément un de ses personnage le coupable. Il va falloir se creuser la tête. Une enquête, c’est comme un puzzle dit Maigret. Et les morceaux ne se mettent pas facilement en place.

Ne vous fatiguez pas trop les méninges, c’est quand même un peu trop compliqué. Il n’est pratiquement pas possible de reconstituer l’ensemble depuis son fauteuil. Ce n’est pas pour autant alambiqué. Non simplement il y a une part de hasard difficile à deviner.

Du bon boulot ! Un petite mention pour Laurent Heynemann, un réalisateur que l’on ne cite pas souvent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ami_d%27enfance_de_Maigret

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pisodes_de_Maigret_(1991-2005)#%C3%89pisode_45_:_L’Ami_d’enfance_de_Maigret

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Cremer

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