Le comte de Monte-Cristo (1979) 7/10 Jacques Weber REMBOB’INA

L’émission contemporaine de Patrick Cohen est très bien conçue. J’ai souvent l’occasion de le dire. Je n’y reviens pas.

Avant la discussion avec Jacques Weber et Richard Poirot, un responsable de l’INA, Patrick nous projette une petite perle de la télé, la version de Denys de la Patellière du comte de Monte-Cristo (1979).

Un régal en couleur. Les acteurs sont brillants, la mise en scène est parfaite, l’intérêt est certain. Weber est déjà très bien à 30 ans. Virlogeux nous fait un remarquable l’abbé Faria. Ce compagnon de cellule essentiel, qui va lui donner la clef de son trésor sur l’île de Montecristo, mais va aussi l’éduquer pendant cette longue captivité.

A noter également une grande fidélité au texte de Dumas. Ce qui ne sera pas toujours le cas.

Ainsi Richard Poirot nous racontera en deuxième partie, que des versions télé plus récentes ont vu leur fin changer, pour mieux correspondre à la morale d’aujourd’hui.

Qu’un tuteur puisse marier sa protégée à sa majorité, cela ne se fait pas parait-il. Qu’importe l’anachronisme et la trahison de l’auteur. C’est comme cela maintenant.

Notre bon Weber, apprenant cette félonie révisionniste s’insurge haut et et fort. La morale c’est fait pour être contourner. Notre vieux briscard n’a plus de comptes à rendre. Et c’est bien d’entendre cette parole libérée là. Rien que cela vaut le détour.

Le film de 79 est réjouissant. On sent vraiment les personnages. Il n’y a pas cette gangue de pathos qu’on nous sert si souvent de nos jours.

Jacques Weber, qui a paraît-il fait une remarquable version théâtre de Monte-Cristo par la suite, nous raconte comment il poussé dans le sens d’une vengeance qui ne peut pas satisfaire Dantès et qui va le ronger plutôt que de le libérer. Et l’argent avec sa toute puissance va en quelque sorte le pourrir. Et ce que transmet Faria à Dantès en culture doit être plus important que ce qui lui donne en fortune. Intéressant ce nouveau regard.

Cohen qui l’a vu acquiesce.

Le vieil acteur pousse encore plus loin en dissertant sur un Monte-Cristo où toute la partie où il revient régler ses comptes, pourrait n’être que dans sa tête. En fait il ne sortirait jamais du château d’If. C’est un nouveau scénario qui n’existe pas encore. Avis aux amateurs.

C’est bien quand les beaux esprits volent plus haut. Bravo l’artiste, même si le public classique pourrait être dérouté par un tel projet.

Il part si loin qu’il en devient un peu cabot. Mais cela en devient plutôt une sorte d’autodérision.

Il tire une dernière anecdote de son sac. La toute dernière création du grand Nino Rota fut la musique de la version 79 de Monte-Cristo. Rien que cela !

Voir la version « Jean Marais » de 1954 ici: Comte de Monte-Cristo (1954) 8/10 Jean Marais, Dracula, Superman

https://lcp.fr/programmes/rembob-ina/le-comte-de-monte-cristo-avec-jacques-weber-1979-84637

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Comte_de_Monte-Cristo_(mini-s%C3%A9rie,_1979)

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