Le Cousin – Film Avis – Timsit, Chabat – Résumé. (1997) 6.5/10

Un titre buzz comme jadis La Balance.

Et bien que les deux protagonistes, joués par Patrick Timsit et Alain Chabat, aient des airs de famille, il s’agit bien entendu d’un bien autre cousinage.

Timsit joue à merveille une crapule dealeuse qui balance ses concurrents pour avoir la paix policière et pour toucher son pourcentage au passage. C’est ça un Cousin. Une petite chose bien utile pour remonter les filières mais aussi un personnage à double illégalité. C’est un vendeur de drogue tout aussi néfaste que les autres, mais c’est également une source de renseignement totalement prohibée. Et donc tout cela se passe en catimini.

Chabat est un flic des stups qui récupère ce Cousin d’un confrère décédé. Le policier ne connaît pas bien les rouages de ce système parallèle. Il fait quelques faux pas, dans sa manière de gérer cette infection sur pattes. Il faut dire que Timsit incarne à merveille une crapule assez finaude et qui sait retourner les situations à son avantage. Le jeu est complexe et chacune des parties doit rester sur ses gardes.

Il y a quand même un truc qui cloche dans le scénario. Je trouve le Cousin en question un peu trop voyant. Pour quelqu’un qui par son « métier » est constamment confronté à toute une dangereuse faune, il serait plus logique qu’il se montre moins avec la police. Or le Chabat, va et vient chez lui comme cela lui chante et ils se montrent ensemble devant les gros bonnets. A décharge, il est sans doute difficile de faire du spectacle avec des caractères qui se cachent.

Ils se rodent sur quelques petits coups, qui s’avèrent insatisfaisants pour l’un comme pour l’autre.

Puis vient la grosse affaire. On entre de plain-pied dans la caricature. Les blacks au sommet de l’échelle du crime sont sapés comme des princes, ce qui leur donne vraiment toutes les apparences que le grand public prête à leur fonction. Je vois un gars comme cela dans la rue et je sais d’emblée à qui j’ai à faire (merci les clichés de cinéma!). Ils travaillent avec de grosses bagnoles, ce qui là encore manque singulièrement de discrétion. Surtout avec les poursuites en pleine rue. Mais au moins le spectateur comprend.

Il y a quelques retournements de situations, l’histoire de nous montrer qu’on ne fait pas dans l’ultra-linéaire. Et bien entendu après une angoissante pirouette en « CD », les gentils gagnent à la fin. Mais ils y laissent quelques plumes.

Le film est plombé par un sentimentalisme familial. C’est toujours les mêmes trucs. La famille du flic ne va pas bien. On apprend que Agnès Jaoui boit en cachette. Ceci explique pourquoi Chabat tend à faire la gueule. Et la tribu du Cousin, qui a toutes les apparences de l’honnêteté, est soumise à rude épreuve. C’est l’habituelle chanson de la pression sans vergogne sur la femme et les enfants, qui serait la règle chez les méchants, surtout quand ils n’ont eu leur compte. On trouve cela dans toutes les panoplies de cinéastes en herbe.

Le sentimentalisme s’étend à nos deux associés de circonstance. Chabat va finir par apprécier Timsit et réciproquement. Pas comme des frères quand même mais sans doute comme des cousins. C’est téléphoné depuis le début.

Au total, on a quand même un produit assez classique. Un ancien flic, Michel Alexandre, est au chevet du scénario. Même si globalement le sujet tente d’être le plus réaliste possible, cela ne tient pas trop la route quand même. Pas assez sordide et beaucoup trop clinquant. Il manque du pathétique à la Maigret, de la crasse, de la pesanteur.

On est dans la banale scénarisation, avec des postures approximatives. On a bien compris les conflits famille/boulot et efficacité/ illégalité. Il n’était pas la peine d’en faire autant. Cela contribue beaucoup au vieillissement précoce du film.

Et puis on est bien trop indulgents avec ces semeurs de mort en poudre, fussent-ils gentiment appelés « nounours ».

Alain Corneau a du mal à cacher sa fascination pour le cinéma d’action américain. Et somme toute il n’a pas trouvé ici la recette pour accommoder le tout à la sauce européenne. Cela aurait exigé plus de finesse, plus d’idées dans le scénario et la réalisation.

Dommage car il n’est pas passé loin d’un bon film.

Tout n’est pas à jeter. Il y a quelques belles répliques. Et nos deux compères sont vraiment à l’aise dans cette affaire. Timsit, qui a un rôle plus complexe, tient étonnamment la route. On a vraiment l’impression qu’il deal à ses heures perdues dans la vraie vie. Il va falloir qu’on voit cela de plus près.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cousin

Patrick Timsit
Alain Chabat
Samuel Le Bihan

Le Cousin – Film Avis – Timsit, Chabat – Résumé.  (1997) 6.5/10
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