Le diable par la queue (1968) 4/10

Un film français qui a les tics de cette époque. Il a été tourné en plein été 68, dans une ambiance de démission générale. Il est donc très paresseux et se contente de jouer dans un registre faussement badin. On peut y voir aussi une sorte de déclinaison émasculée de l’amour libre.

De nombreuses grandes vedettes viennent à la rescousse. On y voit Yves Montand qui nous fait sont numéro d’escroc pied nickelé habituel, Jean-Pierre Marielle en semi-vieux-beau, Jean Rochefort en ermite sentencieux, Maria Schell plus blondinette que jamais, Marthe Keller en toute fraîche jeune fille, Madeleine Renaud en ridicule vieille marquise, Clotilde Joano en vierge romantique, Claude Piéplu en vieux sage…

Franchement, ils sont là en touriste, ils ont l’esprit ailleurs, sans doute comme bon nombre de Français. Cette équipe n’a pas l’air de croire beaucoup à cette entreprise. Pourtant c’est mené par Philippe de Broca. Le réalisateur de Cartouche, L’Homme de Rio, Le Magnifique, a su se montrer bien plus performant. Quelle cata !

Le jeu est désarticulé, les dialogues sonnent creux et les enchainements restent faiblards. Le tout manque singulièrement d’idées. C’est du réchauffé disposé sans queue (d’où le titre ?) ni tête, de l’approximatif, du tout-venant.

Et puis il y a cet usage permanent d’un ton distancié, mais aussi ces moqueries si convenues sur une prétendue haute société, sans oublier ces pieds de nez discourtois à la culture classique. Et bien entendu on n’échappe pas à une gendarmerie bêtement ridiculisée. Que toutes ces mini-révoltes (feintes) paraissent bien vieillottes à présent.

Cet évident gâchis de talents rend le désastre encore plus flagrant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Diable_par_la_queue


Yves Montand

Jean-Pierre Marielle
Jean Rochefort
Maria Schell
Marthe Keller

Cartouche
L’Homme de Rio
Le Roi de cœur
Le Magnifique
Le Bossu

Le diable par la queue (1968) 4/10
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