Le Don du roi – Avis film. Robert Downey Jr. Sam Neill – Michael Hoffman 3/10

Ce film de 1995, qui se prétend un biopic, est une sous-crotte historique réalisée par Michael Hoffman.

C’est la vision disneyisée du faste royal de l’époque. La même soupe indigeste, et qui nécessite d’être consommée de surcroit avec un hamburger bien baveux de graisse, qui nous est servie généralement au cinoche, pour les récits que ces amerlos font des anglais et français du dix-septième siècle. Ils se recopient leur vision faussée, mais acceptée, l’un l’autre et finissent par croire qu’ils tiennent la vérité.

De nombreux Américains adorent cette vision « historique » totalement édulcorée et grotesque. Ces ex-cowboys confondent le maniérisme et l’aristocratie intelligente. C’est pourquoi ils ont encore du mal de nos jours avec les intellectuels et qu’ils s’en moquent… royalement.

L’idée qu’un homme du rang puisse s’en mettre jusque là, plaît à nos consuméristes souvent frustrés. Et comme ils sont tentés de ne voir l’humain qu’en terme de rapports de force, il apprécie que le petit fasse la nique à ces nobles, qui les ont colonisés. C’est aussi bête que cela.

Cette histoire est simplifiée à outrance, mais elle dure quand même deux très longues heures. Elle ne dégage aucune psychologie.

  • 18 000 000 dollars tout de même, comme quoi ce n’est pas une affaire de pognon.

Le King c’est Sam Neill et son jeu est assez étriqué. Il faut dire qu’on ne lui donne pas de grandes lignes de texte. Il devra se contenter de prendre des poses et de rouler les yeux.

A nouveau, le triste Kong qu’est Robert Downey Jr., nous gratifie des seules deux ou trois expressions qu’il a en magasin. Qu’il fasse Charlot, Iron Man ou cette daube, c’est toujours la même chose avec lui. Et on devrait rire de sa mine d’égaré qui a touché le gros lot ?

Il nous joue ici le médecin Merivel. Aussi crédible ce faisant, que ne l’aurait été ma grand-mère, modeste femme au foyer.

Il se retrouve par le plus grand des hasards sur le chemin du Roi Charles II d’Angleterre. Celui-ci s’empresse de le mettre à l’épreuve en lui demandant de soigner son chien préféré. Perplexe, il ne fait rien, s’en remettant à la providence, et in extremis le chien ne meurt pas. Le docteur monte en grade derechef.

  • On dirait presque la rencontre fortuite du Dr Karl Brandt, Mulhousien, avec Hitler. Il deviendra son médecin personnel. Mais cela c’est une autre affaire, qui gagnerait elle à être sur les écrans.

Le Roi est surnommé alors le « Merry Monarch » ou une « adorable crapule ».

  • On lui compte une douzaine d’enfants avec ses sept maîtresses « officielles ». C’est dans l’esprit, une sorte de Louis XV avant l’heure, obsédé par son plaisir et les nanas. Il a pourtant en réalité une vie politique bien plus complexe que cela. Il mériterait un film bien plus profond.

Il lui vient une idée derrière la tête. Sa femme la plus « attitrée » du moment est jalouse. Il s’intéresse à une autre. Il doit détourner l’attention. Il faut que Merivel devienne son homme de paille, grâce à un mariage blanc avec la maîtresse la plus excitante du monarque. Ce dernier se réservant toutes les coucheries dans une intransigeante exclusivité. L’homme est souvent égoïste.

Mais le bouillant Merivel est un agité de la braguette (pas encore zippée à l’époque) et la donzelle est une frétillante de la petite culotte. Et donc l’interdit est accompli.

On ne fait pas cocu un des plus grands dirigeants du monde. Le chef suprême casse le bonhomme en le renvoyant à ses hôpitaux miteux et lugubres.

La légende veut que le roturier y trouve son salut, loin des fastes tentateurs. Belle morale pour les nuls.

Une question demeure est ce que ce fantasmatique Merivel a vraiment existé. Eh bien je crois que non. Ce qui n’arrange pas les cas de ce pauvre Michael Hoffman, qui avait pourtant de ce fait une page blanche. Il n’est vraiment pas un génie. Du peu que j’ai vu c’est même un réalisateur catastrophique, comme avec La télé lave plus propre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Hoffman

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_II_(roi_d%27Angleterre)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Don_du_roi_(film)

Le Don du roi – Avis film. Robert Downey Jr. Sam Neill – Michael Hoffman 3/10
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