Le prix à payer (2007) 7.5/10 Christian Clavier – Nathalie Baye

Un film intelligemment incorrect.

Il arrive que dans des vieux couples, on ne couche plus ensemble. Souvent, l’homme est encore demandeur, mais c’est la femme qui manque d’enthousiasme. Le fringant amant est devenu le vilain mari. Et la nature est ce qu’elle est.

  • Peu de chance que de telles situations s’arrangent. Même les conseillers conjugaux n’y peuvent plus rien. D’ailleurs, ont-il jamais pu grand-chose ?

C’est ce qui arrive à ce couple de grands bourgeois, formé par Christian Clavier et Nathalie Baye. Ils font chambre à part. Lui, espère encore de la « tendresse ». Mais elle reste enfermée dans sa chambre. Elle ne travaille pas. Les domestiques assument les corvées ménagères. Elle ne fait rien des ses journées, à part de coûteux shoppings et le circuit coiffeuse, esthéticienne…

Clavier se permettra de lui dire ses quatre vérités. Il la sommera de se donner à lui. Au début avec des arguments amoureux, puis en la menaçant de lui couper les vivres, jusqu’à ce qu’elle s’exécute. Coincée, elle le fait dans une totale froideur. Cela ne peut satisfaire personne.

Et bien sûr, cela va même envenimer la situation. La « totaler krieg » est ouverte. A son tour elle déballera, lui reprochant sa décadence physique, son manque de vigueur au lit etc.

  • Quand un couple en est là, il n’y a bien sûr qu’une solution, qu’ils se séparent. Curieusement, ce n’est pas la première idée qui leur passe par la tête. Trop d’intérêts ou d’illusions sont en jeu.
  • Attention, car la cruauté des couples peut être infinie. Rappelez vous du film « le chat » avec Signoret et Gabin.

En parallèle son chauffeur, connaît le même problème. Il s’agit de Gérard Lanvin, en couple avec Géraldine Pailhas. Il l’héberge à l’œil, elle et ses deux enfants. Il n’a pas grand-chose en retour, surtout depuis qu’elle s’est mis en tête d’écrire un bouquin.

Comptabilité dérisoire sur des demi-loyers. Frustration féroce, paroles blessantes et définitives.

Pour lui, les femmes sont toutes des putes qui n’en veulent qu’à notre argent.

Dans l’ensemble ce film est très bien joué. Plusieurs scènes sont remarquables. Ça sonne vrai. Je pense aux fous rires méchants de Clavier et Lanvin, face à leurs conjointes. Il y a aussi la technique de Clavier, pour faire sortir une Nathalie Baye récalcitrante, de la voiture. Pas mal non plus, le spectacle de Nathalie désemparée, car elle n’a plus sa carte bancaire gold. Sans ce morceau de plastique, elle devient une petite chose désarticulée, qui se promène laborieusement dans la réalité. Ah, la scène du métro !

C’est une femme, Alexandra Leclère, qui a réalisé cela et écrit le scénario. Cela n’en est que meilleur.

Elle ose poser la question de savoir si ces femmes entretenues et oisives, ne sont pas des sortes de prostituées.

Ici, ce n’est certes pas une « lorette », ces femmes du XIXième qui bénéficiaient du soutien financier de plusieurs riches amants.

Mais il n’est pas inutile de rappeler qu’à l’origine le mariage était un acte de propriété. Un achat de services, qui demeure privé avec un seul bénéficiaire. De tout temps, l’absence de sexualité rend nul le mariage.

Les mariages arrangés gardent cet esprit. Le mariage dit d’amour a bouleversé la donne, mais pas si fondamentalement que cela. Les « intérêts » des uns et des autres ne sont pas négligés.

  • «Les femmes doivent fournir des services ménagers, sexuels et reproductifs aux hommes en contrepartie de compensations matérielles plus ou moins importantes.» Gail Pheterson.
  • C’est cru et brutal, dit comme cela. Mais en réalité, il n’est pas rare qu’une femme moins désireuse que cela, finisse par se livrer pour la paix du ménage. On est bien dans une transaction.

La réalisatrice évite le côté conflit de classe et « cause des femmes », qui polluent tant de scénarios. Il n’y a pas de pathos, mais de vrais bons gros conflits, bien saignants.

On est au-delà du petit truc de société, du type « Pas de cul, pas de fric ! », et qui va garantir des rentrées aux producteurs. Il s’agit d’une vraie question, pas si triviale que cela, et qui taraude beaucoup plus de gens qu’on ne le croit.

Cette lutte sans merci en dérangera certains.

Les féministes crieront au scandale misogyne. On peut les rassurer en leur disant que l’inverse existe. Des hommes vivent au crochet de certaines femmes et « monnaient » pour ainsi dire leur charme.

Le final permettra une rentrée dans l’ordre, honorable pour chacun. On n’en demandait pas tant. C’est presque dommage, d’en arriver à ce conventionnel presque happy-end.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prix_%C3%A0_payer_(film,_2007)

Christian Clavier
Nathalie Baye
Gérard Lanvin

Le prix à payer (2007) 7.5/10 Christian Clavier – Nathalie Baye
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