Le Vallon (The Hollow) (2004) 7/10 Poirot

Le titre anglais « le creux » dit tout le contraire du titre français. Mais ni l’un ni l’autre ne donne la moindre piste dans cette histoire policière. Ce n’est pas même, stricto sensu, le lieu du crime, lequel est le bord de la piscine. En fait c’est juste le nom de la propriété.

Agatha Christie ne m’a jamais semblé si géniale que cela.

Ces romans sont parfois captivants et d’un opus à l’autre on peut être surpris par l’inventivité. C’est d’ailleurs cela le plus intéressant. Découvrir comment elle va nous piéger cette fois.

Mais la posture récurrente, visant à rendre tous les intervenants de potentiels coupables, puis à tomber sur le moins évident, a des limites en termes de crédibilité. Il lui faut parfois – souvent – inventer des stratagèmes étranges, pour tenter de retomber sur ses pieds. On est vite perdu dans une très artificielle complexité. Reste la psychologie et le personnage de Poirot.

Le Vallon correspond à une de ses combinatoires. Tout le monde finit donc par être suspect. Et le coupable est le plus hypothétique qui soit.

Mais là, cela se tient sans que l’on soit obligé d’inventer des filiations étranges ou autres grosses ficelles.

Le parti pris initial ne manque pas de finesse. Poirot nous dit d’emblée que la scène de crime sent la mise en scène théâtrale. Gardez en tête que ce qu’il dit est parole d’évangile.

Tels des acteurs, de nombreux protagonistes se tiennent là près du cadavre (Jonathan Cake, 1.91 m). La femme du défunt a un revolver à la main. Ce qui fait que les habitués de la romancière la disculpe immédiatement. Ce serait trop simple. D’ailleurs on découvrira que ce n’est pas l’arme du crime. Donc tout va bien, une piste au moins est écartée. Il s’agit de la comédienne effacée Claire Price.

Une belle jeune femme, amante de la victime, semble tenir tête intellectuellement au fin limier. Elle le brave. Qu’est-ce qu’il adviendrait s’il était confronté à un criminel plus intelligent que lui ? C’est louche cette attaque. Et donc bien entendu le flux de soupçon va vers elle. Et elle ne va pas s’en débarrasser facilement. Cette élégante racée est bien interprétée par l’Américaine Megan Dodds.

Une autre est une actrice flamboyante qui revendique d’être prioritaire car elle a connu cet homme avant les autres et il était totalement sous sa coupe. Elle fait suffisamment d’esclandres et se montre manipulatrice. Il y a de quoi réorienter le faisceau vers elle. Il s’agit de Lysette Anthony.

La maîtresse de maison est une grande étourdie à la limite de la pathologie. Elle a eu des comportements très bizarres, comme de mettre l’arme du crime dans son panier sous les champignons. Et si elle ne faisait que jouer la bêtise ? Elle est incarnée par Sarah Miles. Son mari compréhensif est Edward Hardwicke (Dr Watson à ses heures)

Je n’en dis pas plus. Tout le monde y passe.

Le final. Il est toujours émouvant de voir Poirot rendre la justice lui-même. Il laissera filer une personne impliquée, qui pourrait avoir à rendre compte de ses actes : « allez, retournez dans le monde des vivants ». Et on est bien d’accord avec lui.

Tient c’est curieux, je n’ai pas parlé précisément de David Suchet personnage central et coproducteur. Mais vous conviendrez qu’on ne présente plus celui qui est devenu pour chacun un membre de sa famille. Aussi encombrant et rigoriste soit-il.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Vallon_(t%C3%A9l%C3%A9film)

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