Les chiens – film (1979) 3.5/10 Alain Jessua, cinéaste oublié. Morsure de rappel

Ce n’est pas parce qu’un cinéaste d’art et d’essai est méconnu qu’il est forcément un génie incompris.

Les Chiens sont un bon exemple d’un ratage complet, vaguement déguisé en œuvre originale. Et qui est encore défendu par des irréductibles pour des raisons « politiques ».

Alain Jessua ballade ces canins sous notre nez, en long et en large. On a vite compris que ces bébêtes sont surtout dressées pour faire du mal et qu’elles ne s’en privent pas. Ce qui n’empêche pas le réalisateur et co-scénariste d’insister lourdement.

  • Le docteur Victor Lanoux n’a que des morsures dans sa clientèle. Mais c’est le brave gars qui cherche à comprendre.
  • Gérard Depardieu en tant que dresseur ambigu, est un cas à part. Il aurait été très réticent à faire ce film, vu que lui même avait été mordu « en vrai » récemment.
  • Nicole Calfan est un peu potiche dans cette affaire.
  • Plusieurs seconds rôles sont consternants. On dirait des amateurs.

L’ambiance est pourrie dans ce faubourg parisien. D’abord parce que des bandes de jeunes sèment la zizanie et aussi parce qu’en réaction les nantis en profitent pour régler leur compte.

Et puis il y a le pauvre suspense de ces viols.

Certains maîtres utilisent ces monstres pour se protéger et d’autres pour agresser. C’est l’escalade.

  • C’est un peu la problématique de la diffusion des armes. Lorsqu’elles sont fournies à la population, elles protègent parfois mais contribuent souvent à augmenter le niveau de violence.

C’est l’époque où les bourgeois étaient forcément critiqués, et on arrangeait les situations pour les rendre bien coupables (*). Et donc les a priori fonctionnent à plein tube. On fait dans le décor « social » et le « politique ».

C’est un cadre très formaté, dont certains découvrent à présent que c’était une autre bien-pensance. On a bien du mal à s’en débarrasser encore maintenant.

D’autres sont encore dans leur catéchisme et voit dans ce film un combat fasciste / antifasciste :

Je cite, à propos du personnage de Depardieu (vous noterez les tics inclusifs au passage) :

« Son geste n’est cependant pas uniquement une réponse mercantile aux besoins de ses client.e.s, mais il s’inscrit dans une démarche politique plus vaste. Trahissant son fascisme par ses discours mêlant saillies racistes et misogynes et apologie de la loi du plus fort et de l’eugénisme, Morel travaille à une sorte de révolution aboyante, destinée à saper la démocratie. »

On doit ce blabla à la sauce Godwin (*), à Pierre Charrel, en fin 2021 !

https://www.dvdclassik.com/critique/les-chiens-jessua

Un film monomaniaque et peu intelligent. Il voudrait bien nous faire peur avec ces fantasmes ordinaires. C’est raté, vraiment raté.

Alain Jessua n’est pas un cinéaste mésestimé, mais un cinéaste opportunément oublié.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Jessua

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chiens_(film,_1979)

(*) Loi_de_Godwin


Gérard Depardieu

Victor Lanoux
Nicole Calfan
Pierre Vernier
Un chien est caché dans l’image – Cave canem !

(*) Affaire de Bruay-en-Artois – https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_Bruay-en-Artois

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