Les demoiselles de Wilko. Andrzej Wajda, Daniel Olbrychski, Christine Pascal. 8/10

Une réalisation de deux heures, de haute qualité, que l’on doit à Andrzej Wajda, en 1979. C’est basé sur un roman très bien construit du grand écrivain polonais/ukrainien Jarosław Iwaszkiewicz (scénario adapté de Zbigniew Kaminski) – Qu’il était bon le cinéma en ce temps là !

L’histoire est relativement simple à exposer, mais le déroulement demeure assez imprévisible ; d’où le charme. Le scénario est inventif et les tableaux sont très riches. La psychologie est fouillée. Chaque caractère emporte avec lui une intéressante destinée.

Il y a de la profondeur là dedans et diverses leçons de vie, qui peuvent même s’opposer. C’est vous qui choisissez. Le film ne vous prend pas pour un imbécile.

Récit simplifié :

Le grand acteur Daniel Olbrychski, qui a fait la guerre, qui est épuisé et se sent moralement vide est en plus en mauvaise santé. Le médecin lui recommande un séjour à la campagne. Il en profite pour séjourner chez ses accueillants oncle et tante, qu’il n’a pas vu depuis 15 ans, juste avant la première guerre mondiale.

Or lors de ces anciens séjours, tout jeune homme il allait voir les six petites voisines, les demoiselles de Wilko. Toutes étaient amoureuses de lui à leur manière mais lui avait le béguin pour l’une d’entre elles.

A présent, de passage dans cette vaste maison de Wilko, il apprend que cette dernière est morte. Le film ne nous dit pas que c’est de la grippe espagnole.

Les autres filles qui ont pratiquement toutes eu des unions, montrent leur intérêt. C’est discret, c’est voilé et les jeunes femmes font comme si de rien n’était. Plusieurs rapprochements ont lieu. Y compris une étreinte, dont les protagonistes se demandent si cela valait le coup de rompre le charme.

Au total, Daniel Olbrychski se défile. Il se sent lâche et une des dames ne manque pas de lui dire qu’il n’a jamais réussi à se décider.

Une seule, jouée par la gracieuse Christine Pascal était trop jeune au départ pour être une concurrente sérieuse. Mais là elle tombe amoureuse mais ne peut espérer de retour. Elle en devient suicidaire.

Daniel retourne à son travail, mais avec l’esprit dégagé. A-t-il eu tort, est-t-il réellement lâche ? Se posent un tas de questions.

Les acteurs sont tous remarquables et parviennent parfaitement à rendre tangible ce monde d’avant-guerre (la seconde)

Il est assez vain de chercher des similitudes ou des influences pour un film si passionnant en soi. Pour le rendu parfait de ces familles de la haute paysannerie et ces ambiances repas de famille et malice, on peut citer pas mal d’autres films. Pour les amours multiples de ce chanceux/malheureux en amour, on peut y voit comme une ombre de Théorème, mais en bien moins capiteux, en moins iconoclaste. Cela reste de l’amour assez courtois.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Demoiselles_de_Wilko

https://www.cairn.info/revue-de-litterature-comparee-2003-3-page-263.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_(film)

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