Les neuf vies d’Ozzy Osbourne (2020) 5.5/10

Un des membres des Black Sabbath… qui a fini par se fait virer du groupe comme un malpropre, en raison des ses épuisantes addictions. Mais ce lascar assez ridicule, que le show-biz a su si bien manœuvrer, a eu alors un gros succès en solo, puis une brillante carrière dans une foultitude de domaines annexes.

A la base, ce n’est pourtant qu’un petit délinquant drogué, des bas quartiers de Birmingham, qui a eu la chance de hurler dans le micro au bon moment, au bon endroit. Il faut dire qu’on l’a intégré dans son premier groupe, non sur sa voix, mais parce qu’il amenait avec lui un ampli. En fait il ne savait rien faire. Plutôt qu’un bon à rien, un mauvais à tout. Et comme il aspire à être connu contre vents et marées, c’est un Schpountz en quelque sorte. La première équivoque, il y en aura bien d’autres.

Il a gueulé plus fort que les autres, mais d’une manière bien à lui, avec une voix aiguë, bien distincte par son spectre très limité. Supporter cette scie est déjà une sorte d’épreuve initiatique.

Il s’est comporté comme un mauvais garçon, ne sachant pas trop quoi faire d’autre.

Alors avec tout cela, on dit qu’il a inventé le Heavy Métal. Et depuis, il s’arrange pour montrer à tout le monde son titre mondial de supposé (co)fondateur.

La musique de Black Sabbath vous cabosse la tête à coup de marteau, tant elle avant tout répétitive, bruyante et brouillonne, avec juste quelques riffs pour ne pas être complètement asphyxié.

On pourrait dire que c’est du rock lugubre, grinçant et envahissant, mais en réalité pauvre et bien plus édulcoré qu’on ne le croit. (j’écoute quelques morceaux en vous disant cela).

C’est un créneau qui tombe bien, quand on ne sait ni chanter ni jouer. Il suffit de donner le pire pour que cela paraisse le meilleur.

Les aficionados et autres adorateurs vont hurler. Ils ne vont pas comprendre qu’en mangeant ainsi la caboche d’Osbourne, je fais un happening à l’égal du Maître. Eh oui, lui consommait des têtes de volatiles, moi une cervelle de moineau !

  • Il va falloir que je m’achète un micro, je le sens bien ce truc là, n’étant même pas capable de suivre un rythme binaire avec le doigt et chantant comme une crécelle.

Il n’a jamais pu décrocher et de l’alcool, de différentes drogues et d’un excès de gras-sucré-salé. Au point de se montrer souvent en clown obèse, triste et malfaisant.

Mais The Prince of Darkness self-proclaimed, « Le prince des ténèbres autoproclamé », est avant tout un vampiroïde pitoyable qui sait surtout sucer le contenu de votre portefeuille. Il ne le fait pas exprès, lui c’est un exhibitionniste relativement innocent qui adore être sur scène pour faire ses pitreries. Mais bon, pour cet ex-pauvre, l’argent fait aussi le bonheur. Presque un gamin. Les plus voraces ont été ses managers, dont sa deuxième épouse. Ils ont pompé le filon comme des Shadoks.

Quand ce louveteau-garou finit par lasser, il fait un coup (un buzz). Il mange en public une colombe vivante ou une chauve-souris plus trop frétillante, il urine sur le patrimoine américain, il catapulte des bouts de viande sur un public quand même décontenancé, il tire sur ses chats ou tente d’assassiner son épouse.

Il assume que son inspiration vient des film d’horreur bas de gamme. Et le public marche dans ce cirque approximatif. Certains viennent au spectacle tout déguisés façon thriller. Des Satanistes, qui bien entendu n’ont rien compris, ont pris tout ce folklore de pacotille au pied de la lettre. Ils ont tenté d’en faire un de leurs (anti)Messie. Les apprentis suppôts du diable ont vite déchanté. Lui s’en fiche au fond. Il n’est fondamentalement qu’un gentil benêt, un ex cancre qui a réussi. Il préfère la douce chaleur du radiateur de fond de la classe à celle des feux de l’enfer.

La chance de sa deuxième vie a été de rencontrer Sharon, une femme douée pour le marketing et pour les affaires. Elle est son manager et contrôle tout, même ses frasques qui ne sont pas si nuisibles aux affaires que cela. Bien au contraire. On n’enferme pas une telle poule aux œufs d’or.

Elle nous dit ici qu’Ozzy s’est marié avec elle pour ne plus avoir à lui donner ses 20 %. Au delà de l’humour, voyez l’ambiance mercantile du couple.

Et maintenant c’est tout un clan familial qui spécule sur cette notoriété et qui fait tout pour la faire prospérer. D’où la coproduction de ce publireportage dans lequel on se garde bien d’évoquer ses gros bides musicaux. Ces enfants ont également été entraînés pour avoir la larme à l’œil quand ils parlent de leur père. Il doit y avoir des écoles d’art dramatique pour cela.

Que l’artiste soit sur scène ou qu’il pète de travers à domicile, tout est bon pour qu’on parle de lui. On a même scénarisé son quotidien à la télé, dans une série, bien avant les Kardashian. Tout y passe, la perte de son père, sa veulerie, ses bitures, ses quasi coma sous drogue, son Parkinson et le réel cancer du colon de sa femme. Mais l’essentiel est écrit. Les exhibitions de Bidochons, cela fait vendre. Il faut que cela soit bien raconté, c’est à dire conforme à ce que les spectateurs attendent, façon storytelling. Ce fut un immense succès sur MTV. Ça fait du bien parfois de se vautrer dans la connerie.

Mais attention à ne pas toucher à leur « mauvaise » image, des avocats veillent au grain et sont prêts à vous faire un procès. Business is business. Il en est de même pour le pauvre Black Sabbath qui tente régulièrement de se reconstruire, malgré tous les cadavres. Il va falloir que les survivants et nouveaux venus lui mangent dans la main. Et pas question de toucher au répertoire ancestral où Ozzy était au centre, s’il n’est pas partie prenante. C’est son fond de commerce à lui.

Et sans doute pour s’assurer d’autres entrées d’argent, ils ont mis sur pied le festival de musique Ozzfest… tout à sa gloire et à celle du dieu HM. Il ne manque plus que l’Ozztout… c’est à ça qu’on les reconnaît.

Notre couple qui met en scène ses « malheurs », a fini par être l’un des couples les plus riches du Royaume-Uni (source : The Sunday Times). Soit une fortune estimée à cent millions de livres sterling.

Même Bush junior les a invité à la Maison Blanche, l’histoire de sembler rigoler avec le peuple, lui « oSSy ». Et il faut voir comme le fou du roi d’un jour est heureux de faire des courbettes. Les cons devant leur poste applaudissent des deux mains. On a enfin mis à l’honneur, un des plus illustres d’entre eux. Sur cette belle lancée, ils porteront au pouvoir plus tard, un vrai clown populiste.

Le puissant césaro-papisme a laissé la place au césaro-showbiznisme. Mais le but est le même, le contrôle des masses par l’alliance d’un pouvoir fort et d’une croyance sédative en « isme ».

J’ai quand même un aveu à faire. Il m’est arrivé d’écouter du Black Sabbath. Mais j’étais bien jeune et crédule alors.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ozzy_Osbourne

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