Les Ombres du cœur (1993) 5.5/10

(Shadowlands)

Mon Dieu, que c’est long 131 minutes de mélancolie religieuse et amoureuse !

L’histoire est un biopic romancé, mais qui serait fidèle dans les grandes lignes.

  • Le héros C.S. Lewis est l’auteur des célèbres livres pour enfants, les Chroniques de Narnia, dans lesquels la magie joue un grand rôle.
  • L’héroïne écrivaine Joy Gresham, a elle aussi vraiment existé.

Anthony Hopkins joue cet écrivain profondément croyant, et qui est professeur d’université à Oxford. Il vit reclus en moine, dans une grande maison, avec son frère (Edward Hardwicke qui a interprété le Dr Watson).

Passablement corseté et coincé, même s’il s’en défend, il mène une existence plutôt morne. Il est cependant très à l’aise dans son rôle de Maître à élève, avec ses étudiants. Redoutable débatteur, il est très respecté par ses confrères. On peut aussi le considérer comme un fervent pratiquant et un théologien.

En dehors d’une bonne d’âge canonique, il n’y a jamais eu de présence féminine dans leur demeure.

Là, l’histoire va basculer.

L’Anglais, passablement désabusé et droit dans ses bottes, va devoir se débattre avec la très vivante Américaine Joy Gresham, interprétée par Debra Winger. Une lectrice admiratrice de son œuvre, malheureuse en ménage et qui a traversé l’Atlantique pour échapper à son mari . Mais elle souhaitait aussi venir à la rencontre du fameux romancier.

Cette future divorcée de 37-45 ans, est elle, très vivante, au moins au début (37). Après cela se gâte.

Les préventions de l’universitaire sont tenaces. D’autant plus qu’il est dans une configuration chrétienne avancée. Il estime que la souffrance est un cadeau divin, pour nous aider à progresser. On dirait qu’il attend son heure. On a fait mieux pour attirer une fringante jeune femme. Pourtant, quelque chose d’irrésistible, le pousse vers elle.

  • Même si ce rôle est un peu lourd, personne ne peut remettre en cause les talents d’acteur d’ Hopkins.

Elle ne demande que cela, mais elle sait se faire discrète. Elle écrit des poèmes et des livres. Elle est intelligente. Elle n’hésite pas à se manifester, à se lancer dans les controverses, en bonne Américaine qu’elle est.

  • Elle joue bien et obtiendra ainsi l’Oscar de la meilleure actrice.

Ils vont passer des semaines, des mois, des années, à plus ou moins se rapprocher l’un de l’autre. De 1952 à 1957. Tout se terminera tragiquement en 1960.

Ils se conduisent un peu comme des gamins. Mais au final, leur union ouvrira les portes du bonheur au vieux professeur. Et ainsi sa vision du monde évoluera.

On sent une vraie connivence dans ce couple.

Il faut vraiment être dans l’ancien monde, pour penser qu’une love story se bonifie de manière exponentielle, dans l’inaction et l’attente.

Si on additionne les 30 ans de chasteté du héros, aux nombreux mois que durent l’approche amoureuse, cette arithmétique du refoulement, doit donner un Bonheur avec un immense B.

  • Mais c’est de la triche, car l’attente du spectateur n’a duré elle, en réalité, qu’une ou deux heures. La perspective temporelle est faussée. Il ne serait pas légitime de prendre ce modèle dans ces conditions.

Je ne savais pas qu’Oxford était une sorte d’établissement confessionnel. C’était ainsi en 1950, en tout cas. La devise est cependant assez claire : Dominus illuminatio mea – The Lord is my light – Le Seigneur est ma lumière.

Le réalisateur Richard Attenborough m’a semblé plus à l’aise dans « La Grande Évasion » ou « Gandhi », que dans ce mélo larmoyant. Mais il y a indiscutablement un public aussi pour cela.

Dommage que je ne l’aie pas vu en V.O. anglaise. Cela aurait pu sans doute, me rendre le (très) long métrage plus sympathique.

Ce film aidera peut-être les accompagnants des cancéreux terminaux, en leur soumettant un message d’amour, qu’ils soient croyants ou non.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ombres_du_c%C5%93ur

Anthony Hopkins
Debra Winger
John Wood
James Frain

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