Les Ruines (The Ruins) (2008) 7/10

Un Blair Witch (*) végétal et archéologique.

Deux couples de jeunes Américains sont en train de finir leurs vacances au Mexique. Genre sea sex and sun et basta. Un Allemand parvient à les entraîner dans une virée touristique sur un site Maya secret, où travaille son frère. L’histoire de ne pas mourir idiot.

C’est la veille de leur retour. Ils ne sont pas tous enthousiastes.

Sur les lieux, la situation va devenir rapidement terrible. Dans un premier temps, ils ne comprennent pas l’ultra violence des autochtones. Les Mayas lourdement armés, n’hésitent pas une seconde à leur tirer dessus, tuer l’un des leurs, pour qu’ils montent seuls sur une étrange pyramide à gradins. Laquelle est envahie d’une courte végétation qui va compliquer les choses (**). On se demande alors s’ils ne sont pas mis en réserve là haut, pour on ne sait quel sacrifice.

Au sommet, ils découvrent les tentes abandonnées par les scientifiques germaniques. Ceux qu’ils voulaient rejoindre. Il n’y a pas d’indice expliquant leur disparition.

Un profond puits central a visiblement été exploré. Un palan est installé.

Leurs portables sont soit confisqués par les natifs, soit ils ne captent rien. Mais ils entendent au fond de cet orifice central la sonnerie intermittente d’un téléphone oublié qui pourrait être leur salut.

Le dispositif à corde est précaire. L’Allemand se résout à y aller quand même. La corde casse, il se fracasse en bas. Il est paralysé. Les jeunes femmes moins lourdes et qui ne disposent pas des forces nécessaires pour actionner la roue, descendent une a une, pour le secourir. L’une d’elle se blesse aussi. Mais c’est moins grave en apparence.

Elles découvrent rapidement une réalité étrange. Le coup de téléphone n’est pas ce qu’on croyait.

Elles parviennent à remonter le pauvre paraplégique. Ses blessures s’infectent bizarrement. L’Américain qui a démarré des études de médecine finira par l’amputer grossièrement. Un morceau d’anthologie

Un à un, ils subiront des attaques dont ils ne comprennent que progressivement l’origine. Tout part à vau-l’eau. Ils n’ont pratiquement rien pour survivre. Et la débrouille a des limites. L’état mental et le physique se dégradent sérieusement. Certains veulent fuir, d’autres pensent pouvoir attendre d’improbables secours.

Cela continue comme cela presque jusqu’à la fin.

On ne va quand même pas tout vous raconter.

Le procédé est habile et l’histoire s’avère bien conçue et bien montée. Les acteurs sont compétents. Ce projet repose principalement sur Jonathan Tucker, Jena Malone, Shawn Ashmore, Laura Ramsey et Joe Anderson.

Et bien que l’on dépasse nécessairement les limites du crédible, la réalisation astucieuse arrive facilement à nous embarquer. Le film, mine de rien, touche des points ultrasensibles et sait nous emmener, jusque ce qu’il faut, sur des fausses pistes. On se laisse prendre par nos a priori, qu’ils soient sociétaux, culturels ou filmiques. C’est plus malin qu’on en a l’habitude, avec ce parent pauvre du cinéma, qu’est le film d’horreur.

Le bien connu Ben Stiller en est un avisé coproducteur. Cela n’a pas été un immense succès commercial mais ils ont quand même fait la doublette aux USA et la triplette au total mondial.

Le jeune Carter Smith, un gars pas trop connu, en est le réalisateur. Il a fait du bon boulot.

  • (*) Le Projet Blair Witch de 1999 est un brillant film d’épouvante expérimental, qui en montre peu mais effraie beaucoup. Construit avec trois fois rien, il a connu un succès phénoménal. Cette reconnaissance est parfaitement justifiée. C’est un must. A voir donc obligatoirement.
  • (**) Pour une fois qu’on reconnaît que la nature ne nous veut pas nécessairement du bien, contrairement au regard naïf de certains écolos, j’applaudis des deux mains.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ruines

Jonathan Tucker
Jena Malone
Shawn Ashmore
Laura Ramsey
Joe Anderson

Les Ruines (The Ruins) (2008) 7/10
Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire