Les Tiens, les Miens, le Nôtre. Film Avis – Henry Fonda – Résumé (1968) 5/10

Aux USA en 68 on assistait à la renaissance d’un septième art plus audacieux qui bousculait les codes. (Yours, Mine and Ours)

Et pourtant il survivait encore, tant bien que mal, un cinéma à l’ancienne qui donnait dans les valeurs traditionnelles. Au centre de ces comédies, encore et toujours la famille, avec de lourds clins d’oeil à une doxa pourtant déjà passablement déplumée.

Ici la sacro-sainte tribu est poussée dans ses extrêmes. Ce n’est plus papa maman et quelques niards, mais un couple de veufs avec leurs dix-huit enfants. On se doute bien que la concentration de problèmes pourra engendrer des situations coquasses. L’hostilité des deux clans de marmots indisciplinés et d’ados râleurs étant une composante propre au baby-boom. L’enfant roi se doit de faire la gueule. C’est son bon plaisir.

Mais l’acceptation par les mioches du nouveau venu et de la nouvelle venue est obligatoire. Mais il faut un parcours du combattant. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

L’idéal de la famille procréatrice blanche, laborieuse et bourgeoise ne peut être mise en cause. Surtout si le père est un officier de la Navy (*).

La production à grande échelle de bras supplémentaires (38) ne peut être qu’un plus à l’échelle d’une nation. C’est presque la logique de la chair à canon. Et la religion, lourdement représentée dans le film, donne dans le croissez et multipliez-vous, c’est bien connu.

Jadis on donnait des médailles aux parents des familles nombreuses et autres bêtes génitrices. Maintenant on les considère plutôt comme de curieux animaux de foire. Les progrès de la société s’accompagne d’une baisse de la natalité. C’est démontré. De là à soutenir que quand la production de bébés augmente, la société régresse !

Les systèmes considérés comme archaïques continuent dans la voie des familles nombreuses. Avec cette fausse espérance que plus nombreux on sera, mieux on sera protégé et soutenu par les siens. Les descendants ayant de devoirs envers les ascendants, c’est l’illusion d’une retraite assurée. C’est vite oublier que l’arrivée de l’agriculture, avec la sédentarité, s’est accompagnée d’une surnatalité qui a été au-delà de ce qu’on pouvait satisfaire. Et donc le grand nombre peut signifier une grande pénurie, quand la ressource ne suit pas.

D’ici qu’on considère, comme les Chinois, que l’on doit exiger un nombre maximum de petites pousses.

Le scénario devient vite lassant et prédictible. Seul suspense évident, c’est d’essayer de deviner quand la mère courage sera à nouveau enceinte. Et comme on s’ennuyait on a parié sur +2 qui ferait 20, un beau chiffre. On n’avait pas bien vu le titre non équivoque en français qui mentionne « le nôtre », c’était donc +1.

Lucille Ball et Henry Fonda sont parfaitement à l’aise dans le genre. Fonda droit dans ses bottes donne dans le comique sérieux (un tout petit Buster Keaton). Ball nous fait un numéro de femme saoule assez crédible. L’un et l’autre sont des routards de la caméra, avec une énorme filmographie.

(*) … l’idéalisation du soldat amerloque était déjà très datée immédiat après guerre. Ici on en était à la très critiquée guerre du Vietnam et pas mal de choses avaient radicalement changé.

https://en.wikipedia.org/wiki/Yours,Mine_and_Ours(1968_film)


Lucille Ball

Henry Fonda
Van Johnson
Envoi
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