L’Homme aux colts d’or (Warlock) (1959) 7/10

J’ai bien peur de ne pas être à une hauteur suffisante de vue, pour ce qu’on estime être un des plus grands westerns (grand par la taille déjà, il fait deux heures).

Pas que j’aie des a priori condescendants, mais plutôt que je ne me retrouve pas trop dans ces canevas hautement répétitifs.

Ce film est remis en selle ici : Avis. Homme aux colts d’or – Film – Henry Fonda. Anthony Quinn. Richard Widmark (1959) Résumé. Aperçu 7/10

Voilà des tragédies modernes qui mettent immanquablement en scène la cruauté des uns et le devoir de vengeance qui en découle, le justicier seul contre le groupe, la masculinité ferme voire brutale contre la féminité la plus douce et accommodante, la femme vertueuse et maternelle face à la dévergondée du saloon etc – Les grands classiques ne faisaient pas différemment.

On s’en sort en supposant qu’il s’agit d’exercices imposés. Comme pour les multiples représentations du Martyre de saint Sébastien en peinture. Et que le mérite revient à celui qui sait le mieux décliner ses classiques, qui a l’œil et un bon coup de pinceau.

Trêve d’analogisme facile, et de barbantes récriminations, entrons dans le vif.

La petite bourgade de Warlock est dominée par des brigands. Ce sont les maîtres et ils se servent comme ils veulent. Pour avoir les mains libres, dès qu’un nouvel shérif délégué apparaît, ils le liquident ou le font partir dans l’humiliation. Terreur oblige.

Les citoyens tremblent. Mais, en cachette, ils décident de confier le pouvoir à ce qui leur apparaît comme la dernière chance. Ce sera un prévôt bis de premier plan qui sera engagé contractuellement pour remettre de l’ordre. Ce n’est pas tout à fait légal.

Le très sérieux redresseur de tort professionnel Henry Fonda sera aidé par le roc invincible Anthony Quinn. Du lourd. Le missionné montrera son indéniable autorité, sans avoir à tirer un coup de feu. « ça c’est un Homme » (dixit dans le film). Cette ascendant basé sur un seul froncement de sourcils reste quand même discutable. Si le gars n’avait pas un tableau de chasse grandiose derrière lui, je doute que cela ait suffi.

C’est la même discussion pour l’autorité parentale sans fessée symbolique préalable. Mais là on sort du sujet.

On assiste là quand même à un jeu d’échec habile et riche en testostérone. Les flingues sont sortis mais pas tant que cela. Les mâles dominants se toisent. Le combat à mort est évité de justesse. Ils reviendront plus déterminés encore. Cela vaut le coup d’oeil quand même.

Richard Widmark est le frère incertain d’un des membres du gang hostile. Clairement, il se voudrait du côté de la loi et devient de ce fait un traître pour les siens. Dilemme éminemment classique. Corneille serait à l’aise avec un tel scénario.

Il va choisir. Il prendra son courage à deux mains et se portera volontaire pour assumer la fonction de shérif délégué. Certains vont douter de son impartialité. Quel camp choisira-t-il au final ?

Et contre toutes attentes, ce petit gars, handicapé par une sévère blessure récente, fera le ménage tout seul. Henry et Anthony seront en retrait. L’Homme doit faire ses preuves … ou disparaître. Cela s’appelle l’initiation.

Félicitations générales. L’ordre règne à nouveau à El Paso Warlock

L’histoire B nous montre les amours naissantes de deux femmes blondes aux yeux bleues pour nos deux plus valeureux mâles. Et vice versa. Nos ex lonesome cowboys feront une fin bien méritée en forme du repos du guerrier. Et les vaches locales seront à nouveau bien gardées. Pour de vrai, car il y a eu des vols de bovins dans le passé. Meuh de fin.

Ps : pour l’explication des pistolets d’or, il faudra que vous regardiez le film. N’insistez pas. Pas de passe-droit. C’est comme cela, ne me défiez pas, sinon je fais parler la poudre.

Mince la pression hormonale à la testostérone, comme le bâillement, c’est contagieux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_aux_colts_d%27or

Henry Fonda
Richard Widmark
Anthony Quinn

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