LIVRE : Tchouang Tseu. Jean Lévi: Le coup du Hibou

Intro du livre / Albin Michel :

Le coup du Hibou est l’histoire plus que millénaire de la trahison, de la duplicité et de l’illusion comme mode de fonctionnement de tout pouvoir.

Pr Kemerhisar : J’ai fait une fringale de lecture – principalement les anciens. Je m’arrête au XIIIe siècle en général. Avec quelques exceptions et incursions en Orient.

Une surprise agréable, en suivant la piste de sa traduction magistrale du Tchuangtsé / Tchouang Tseu : Jean Lévi:

« Le coup du Hibou » a ce foisonnement baroque des romans écrits avant l’effondrement inéluctable du QI collectif du public universitaire (phénomène par ailleurs bien entériné par Houellebecq). Il y a du Borges et du Umberto Eco dans ce brouet nourrissant, publié en 2001, toujours d’actualité, tant il semble que la politique internationale soit passée aux mains de quelque clique situationniste – penses-tu ils avaient bien vu des décennies à l’avance que les « paisibles démocraties européennes » recourraient au terrorisme comme modalité principale de gouvernement.

De situationniste et de Tchouangtsé je retiendrai la laideur de l’utilitarisme. La laideur suprême de l’instant présent. La vilenie absolue de pages et de pages de propagande de guerre, le regard abruti de l’épais chaland qui s’y plonge après avoir dégorgé deux ans d’impuissance. Incapables d’apprendre. Pas tous, certes. Les plus humbles comprennent instinctivement la leçon, à leur façon: « ils veulent tous nous tuer, et mettre des esclaves à notre place ».

Mémoires d’un Sud, sur un autre continent.

L’une des conclusions de ma petite enquête, c’est qu’il n’existait dans le pays plus aucun pouvoir de décision par rapport à quoi que ce soit, les programmes arrivaient tout faits du ministère de l’économie qui les recevait de certaine ambassade. Le script du spectacle-santé était ensuite repris par la hiérarchie bariolée des figurants salariés (certains passablement gauchisses) connue comme « gouvernement ». Je me dis que l’erreur c’était d’imaginer qu’il pouvait en être autrement dans une autre péninsule occupée à la botte depuis des lustres.

La terreur entretient la laideur.

Il est temps, demain on va chercher un poêle pour se chauffer l’hiver prochain. Tant qu’il en reste.

Voir aussi : Eloge Anarchie, ni dieux ni maîtres. Ni Aurobindo, ni commissaires du peuple. Zhuangzi 

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