L’Œil, le pinceau et le cinématographe : naissance d’un regard cinématographique (2021) 4/10

La thèse est simple. Le cinéma des frères Lumière a eu des précurseurs.

Un nouveau regard, du entre autres aux déplacements en train (parallaxe temporelle) et en ballon (nouvelles perspectives), a influencé une certaine photo et une certaine peinture et pré-sensibilisé de ce fait ce qu’on allait montrer comme mouvement à l’écran.

C’est vite oublié que le cinéma devait devenir un spectacle de masse, alors que les peintures de Monet, Turner… et certains déplacements ne concernaient que quelques happy fews.

Et puis il y a eu des avancées techniques préalables comme le kinétoscope, la caméra de Muybridge et la stéréoscopie. Là encore le lien est le plus souvent celui de l’ingénierie, car les techniques scientifiques n’étaient pas largement distribuées.

En fait, pour satisfaire ce pseudo fil conducteur, on mélange tout. La quantité ne remplace pas la qualité. Cela n’a aucune rigueur en soi. C’est bâclé comme un mauvais devoir de vacances.

Ils en arriveraient presque à minimiser l’exploit des frères Lumière, c’est un comble. Même le train qui arrive en gare de la Ciotat est sensé ne pas impressionner. Je peux vous assurer que mon premier Imax 3D m’a fait sauter en l’air… et que les suivants ont été ordinaires. Il en est de même des films d’horreur (réelle ou fantasmée). Et on peut dire cela aussi des premières images de synthèse grand spectacle. Le premier coup et rude, puis on s’habitue bien entendu. Oui, les nouvelles images animées ont la faculté de remuer aux tripes tout un chacun. C’est l’essence même du cinéma. On croit rêver face à tant de révisionnisme idiot, même en tempérant sur l’effet grossissant de la propagande.

Les interventions de certains spécialistes (les moins poseurs), prises isolément ne sont pas sans intérêt pourtant.

Mais quand la voix off féminine y va de son verbiage, c’est franchement consternant. On est dans ce gnangnan enrobant qu’on prête à un certain journalisme. C’est à dire une addition de poncifs sans épine dorsale, qui a juste pour lui qu’il est en phase avec la musique populaire du temps. Texte de Stefan Cornic, le réalisateur ?

On est très loin de la qualité des documentaires en profondeur (par exemple anglo-saxons) que l’on peut voir sur les canaux spécialisés.

Pour avoir visité plusieurs fois l’admirable musée Lumière de Lyon et constaté de visu leurs nombreuses innovations spectaculaires (cinéma projeté, plaque photographique très sensible et donc instantanée, autochrome c’est à dire la couleur…), sans omettre leurs précurseurs, je suis consterné que l’on relate cela avec tant de légèreté, en allant même jusqu’à épouser les a priori étrangers. Eux ont intérêt à mettre en cause notre récit national au profit du leur (du genre : Edison était près du but, c’est lui qui aurait du trouver…). On n’a vraiment pas besoin de cela.

4/10 pour avoir gâché un tel matériel.

Plantage monumental dans l’analyse du Monde (pour une fois)

https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/10/24/l-il-le-pinceau-et-le-cinematographe-sur-arte-naissance-d-un-regard-cinematographique_6099723_3246.html

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