Love and Other Lessons (2012) 4/10 Josh Radnor

Avertissement : attention aux âmes sensibles, la critique est assassine.

Love and Other Lessons – Liberal arts Badaboum, on descend du nuage :

En ce qui me concerne (*) j’y vois les clichés classiques du campus, des profs libéraux ou non. Avec des airs bien connus dans le cinéma US de la nostalgie de la vie universitaire.

En toile de fond, le respect sacro-saint d’une culture codifiée, du genre « intellichiant ». Musique classique du répertoire pour les nuls, grands auteurs dont le nom dit forcément quelque chose à n’importe qui etc.

Le titre est déjà ronflant-gonflant : Arts Libéraux. Mazette on veut donc d’emblée nous impressionner !

Mais la vénération affichée de la chose culturelle semble tenir ici du : «quel exploit que de pouvoir lire tous ces livres savants sans s’enquiquiner ! Quelle endurance ! Ces longues études servent à l’évidence à s’entraîner à surmonter les résistances naturelles»

– Le joueur de base-ball ultra-basique qui regarde le film étant plutôt admiratif devant l’exploit quasi physique de la chose… et pour calmer sa douleur projective, il a le beau minois d’Elizabeth Olsen.

A ceci se rajoute, la supposée connivence culturelle des élites.

Outre que cela soit du déjà vu absolu (en mieux), c’est en plus du toc complet.

La pseudo-culture dont ils parlent est tellement un simple verni de conventions, qu’on en baillerait presque.

Pour le coup, ce sont juste des repères de classe (**) tels qu’ils pourraient être vus de très très loin par un béotien. C’est Rambo admiratif de la hauteur de la bibliothèque et qui s’apprête à l’escalader en battle-dress avec tous les outils du commando.

Un jeune gourou passe par là, mais il fait juste de la figuration avec ses messages sibyllins, pour mettre de la fantaisie dans tout cela. On aurait pu avantageusement le remplacer par des pom-pom girls.

Le « combat » intellectuel entre les deux non-amants mais peut-être-amants-un-jour, nous fait vraiment nous interroger – mais qu’est-ce que je f**s ici à regarder ce navet ?

C’est du genre épique.

Avec d’un côté : moi jeune fille bien qu’à l’université, je revendique de lire des best-sellers nuls, parce qu’au fond, je suis libre et j’ai le droit de faire ce que je veux et na-na-nère.

Et de l’autre le prof : mais non tu n’as pas le droit de lire ces anneries parce que ce n’est pas la vraie culture et tu perds ton temps et toc.

Que le premier amendement de la Constitution US nous préserve du péril de la vraie culture.

On voit que ce n’est pas Flaubert qui a écrit le scénario.

Et il y a bien sûr un passage obligé du genre : le « vieux » prof tenté par une de ses élèves. Avec le tabou supposé de la différence d’âge. Ici moins de 15 ans de différence. Et pourtant le prof passe son temps à ressasser ses pruderies. Alors que l’élève assoiffée elle, le titille ouvertement en permanence.

On a vu des écarts plus vertigineux.

La jolie Elizabeth Olsen (22 ans) en vierge post-pubère, on ne croit pas une minute à sa virginité.

Il y a aussi l’inoxydable et très sérieux Richard Jenkins (64 ans). Il incarne un prof récemment à la retraite, mais qui regrette son départ, et à qui on ne veut plus faire de place pour un retour. On l’a vu dans de meilleurs rôles.

Concernant le film en général : à décharge, il faut dire qu’il n’est pas très bon que l’auteur, le scénariste, le réalisateur, l’acteur principal ne soit qu’une seule et même personne : l’omniprésent Josh Radnor (34 ans) – Mais bon, nous on ne lui a rien demandé.

J’ai à peine tenu les 45 minutes syndicales (la moitié du film), espérant qu’enfin au moins, faute de mieux, ils allaient concrétiser… mais non, ils en étaient encore au baiser sur le front !

Cela dit, j’ai été surpris que le film ait pas mal de critiques favorables. Je dois certainement me tromper.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Love_and_Other_Lessons

(*) fils d’universitaire, père d’universitaire et universitaire moi-même… (sur la musique de « La tête de l’autre »)

(**) je ne suis pas marxiste pour un sou. Et je ne souhaite pas particulièrement que Bourdieu sorte de sa tombe.

Je suis ici bien moins tendre que Pierre dans l’inégal Le Blog du Cinéma. leblogducinema. Mais je comprends qu’il ait pu céder ici à son « affection pour les actrices ». [CRITIQUE DVD] Love & Other Lessons

Love and Other Lessons (2012) 4/10 Josh Radnor
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