Lovely bones (2009) 4.5/10

Quel intérêt de faire de la traque d’un tueur en série, une histoire « poétisée » ? Surtout si les cibles sont de bien innocentes petites filles.

Nouvelle version ici : Avis. Lovely bones – Saoirse Ronan – Film – Tucci – Résumé. Aperçu (2009) 4.5/10

Faut-il y voir « De l’Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts » comme jadis l’a écrit De Quincey ?

L’approche est implacable. Et on nous fait bien sentir le poids de ce qu’il doit arriver. Oh oui, du lourd ou plutôt du lourdingue !

On part d’une des victimes. Ce n’est pas la première, mais il faut bien commencer quelque part.

La mignonnette Saoirse Ronan nous fait une sorte d’ange sur pattes qui se fait kidnapper au retour de l’école. Elle traverse un champ, au milieu duquel l’affreux a ménagé une sorte de cabane enterrée, invisible de l’extérieur. Celui qui a comme passe-temps la confection de maison de poupées, s’est vraiment donné de la peine. Il l’attire avec ses belles paroles. Et comme on n’a forcément pas de témoignage direct, il a fallu inventer ce dialogue de toutes pièces. Ah vous croyiez que cela s’était effectivement passé comme cela ?

Et hop on bascule dans la transposition onirique. On voit un baignoire crasseuse et un grand désordre, le tout dans une sale ambiance. Le gars se vautre, visqueux à souhait. On doit deviner à travers ces « images mentales » là, que le pire vient de se produire.

Et la fillette se retrouve dans un joli sas, juste avant le paradis. Un petit monde infantile disneyisé « grâce » aux images de synthèse. Ce n’est pas le purgatoire, puisque étant parfaitement innocente, elle n’a rien à purger. C’est une position d’attente où elle a encore le droit d’avoir des idées de vengeance et peut tenter de guider l’enquête à sa manière. Au paradis, en théorie, on est au-delà de cela.

C’est elle qui nous fera la lassante commentatrice, la voix off, tout au long du film.

La petite est « absente » et il n’y a pas de cadavre. Les parents sont en déroute. Le père joué par Mark Wahlberg refuse d’abord d’y croire. On va la retrouver. La mère jouée par la poignante Rachel Weisz est nettement moins optimiste.

Et puis, les jours et les semaines passants, l’impensable finit par s’imposer, bien qu’on ne retrouve pas les lovely bones (j’ose « les osselets charmants »). Mark fait preuve d’une obstination sans limite afin de tenter de retrouver le coupable. Il finit même par déranger l’enquête tant son approche est désordonnée. Et il passe à côté du voisin qui est le vrai coupable. Sa femme jette l’éponge et quitte le foyer conjugal.

Susan Sarandon nous fait une belle mère alcoolo totalement à l’ouest et qui cherche à porter secours à la famille éparpillée. Mais cela n’aide pas tant que cela.

Douche écossaise scénaristique délibérée au programme : chaud et froid dans la famille, chaud et froid dans l’enquête. Tomberont-elles, ne tomberont-elles pas, ces proies potentielles ? C’est du suspense facile.

Stanley Tucci est le méchant assassin violeur (*). Il y met du sien pour avoir l’air méchant. Il est généralement tiré à 4 épingles, forcément façon maniaque. Et donc on voit bien, lorsqu’il est mal coiffé, la mèche tombante, que c’est un homme ultra-dangereux (hum!).

Ce criminel sera à deux doigts d’être interpelé. Il s’échappera… mais de peu. C’est avant tout un spectacle et donc on nous fera le coup de l’in extremis, du contre la montre habituel.

Et alors qu’il essayera de faire monter dans sa voiture une future victime, il finira par être touché par un petit stalactite de glace qui va le désorienter au point qu’il tombe raide mort dans un précipice qui se trouvait justement à ses pieds. Ce serait l’expression de la justice immanente ? On peut difficilement faire plus débile.

Dans le ciel toutes les gamines victimes de cette homme se coaliseront. Voilà de quoi achever l’impression de grand n’importe quoi. Et la barbante musique tentera de nous enfoncer dans la tête l’humeur espérée.

On n’échappera pas à la com’ avec les morts, au concept de force de la volonté et même aux prémonitions des uns et des autres. Même le chien s’y met.

Le fait qu’on cherche perpétuellement à nous ambiancer, cache mal le manque flagrant d’idées.

Et comme on est en Amérique, on cherche clairement à distiller en nous le poison de la vengeance. Il faut qu’on s’énerve, il faut que l’on soit gagné par la haine. Même notre victime principale s’y met alors qu’elle plane dans le ciel.

Enfin il y a un suspense relou avec ces clichés pris de son vivant par la petite et qui contiennent involontairement une piste. C’est téléphoné. Et même le plus nul des spectateurs sait depuis le début que la solution est dans la boite Kodak. Clic clac !

Cette pleurnicherie semi-numérique est affreusement longue et pénible (2h15 !)

Cheap thrills.

(*) Stanley Tucci : j’avoue avoir un préjugé contre ce frégoli. Mais ce n’est pas vraiment de sa faute. Voilà un acteur transformiste et protéiforme, que l’on voit partout et dans toutes les positions. On l’utilise trop. Du coup cela déroute et lasse.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lovely_Bones

Saoirse Ronan
Mark Wahlberg
Rachel Weisz
Stanley Tucci
Susan Sarandon

Lovely bones (2009) 4.5/10
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