Miss Marple. Dernière énigme. Avis Film Série TV. Geraldine McEwan. Résumé 7/10

Ce texte rédigé en 1940 fut publié après la mort d’Agatha Christie, d’où le titre. A l’origine il s’agissait de Sleeping Murder est c’est devenu Miss Marple’s Last Case. (1er épisode de la 2e saison)

Geraldine McEwan est à nouveau une Miss Marple particulièrement réussie. Elle possède un humour délicat et mesuré. La voie française, que l’on doit à Lily Baron, est bien adaptée.Elle dégage une sincère empathie, tout en restant finaude et avisée.

Comme limier free-lance, elle a l’oreille fine et ce malgré son âge. Pour aider le scénario, on lui donne pas mal de flair et d’intuition. Sans doute un peu trop pour que cela soit parfaitement crédible.

Elle arrive facilement à faire parler les gens.

Pour que l’histoire se termine bien, il a fallu amalgamer pas mal de choses ici:

  • D’abord une jeune et belle anglaise doit se trouver au bon moment aux Indes. C’est une artiste de music-hall et une voleuse de bijoux. Deux choses qui ne sont pas bien vus. Elle arrive tout de même à faire tourner la tête de son prétendant. C’est réciproque, ils s’épousent et ont une petite fille. Celle qui sera l’héroïne de l’histoire.
  • La mère doit disparaître… mais pas autant que l’on croit. Elle est tombée dans un ravin avec sa voiture. Accessoirement c’est bizarre qu’on ne cherche pas son corps. Hum, avec cette allusion, je vous ai presque tout dit.
  • Le veuf retourne en Angleterre. Il veut épouser précipitamment une autre artiste de music-hall (hum). Laquelle va disparaître également dans des circonstances qui ne sont pas élucidées. Est-elle simplement partie juste avant la cérémonie car elle ne se sentait pas prête ? En fait plusieurs personnes auraient pu vouloir sa perte.
  • Le double veuf meurt « de chagrin » assez vite après.
  • Des années se passent. La fille dans la vingtaine décide de rejoindre l’Angleterre à son tour. Elle doit se marier.
  • Elle cherche une belle maison près de la mer. Son « instinct » lui dicte de prendre cette route plutôt qu’une autre. Et le hasard fait bien les choses, puisqu’en réalité elle est revenue dans la maison dans laquelle elle a fait un séjour lorsqu’elle était toute petite. C’est assez loufoque de faire tenir une histoire sur un pile ou face. Embranchement de droite ou de gauche ?
  • Elle n’a pas le souvenir conscient d’être revenue des Indes alors. Mais la disposition des lieux suscite d’étranges cauchemars. Elle revoit une dame qui pourrait être la deuxième femme et qui est étranglée au bas des escaliers.
  • Et bien entendu, Miss Marple, qui est recrutée pour démêler cela, croit d’emblée à ce meurtre (destinée, destinée…) – Elle a fois en une certaine idée de la psychanalyse et d’ailleurs cette « profession » jouera un rôle important.
  • La deuxième femme qui a disparu sans laisser de traces, faisait partie des Funnybones, un groupe théâtral burlesque. Ce qui donne l’occasion à Agatha d’en faire autant de suspects. Ne regardons pas à la dépense. Une grande partie de l’histoire consistera en autant de flash back avec reconstitutions d’une certaines vérités, à partir de dires, de mensonges, de contradictions et de faits avérés.
  • Agatha ne peut s’empêcher d’en rajouter plusieurs couches, faisant passer la virtuosité au dessus de la vraisemblance. Et ici encore elle nous fabrique des filiations cachées. Quand on croit tenir le vrai coupable, il se défile. Comme toujours.
  • Le réalisateur nous glisse une inquiétante Geraldine Chaplin avec un rapport compliqué avec son fils unique.
  • Le choix d’une dondon obèse comme séductrice de plusieurs hommes est assez difficile à avaler cinématographiquement parlant. Maintenant, je n’ai rien dit. Je ne veux pas avoir le lobby des anti-grossophobes sur le dos.
  • Le frère de la première victime est un psychiatre troublant. Déjà comme acteur habitué à des rôles bizarres. Il faut voir ce Philip Davis dans Sherlock A Study in Pink (2010) – Comme vous pourrez vous en rendre compte il aimait particulièrement sa sœur. J’en aurais trop dit ? Il faudra explorer les raisons du choix de sa profession. Vocation pour se guérir lui-même ? Les néophytes pensent souvent que les psy sont fous. Soit qu’ils l’ont été avant et qu’il s’embarquent là dedans pour s’analyser. Soit qu’ils le deviennent par une sorte de « contamination » par la maladie mentale. Il y a encore beaucoup à faire pour que le grand public comprenne. Et le cinéma avec ses poncifs n’aide pas, bien au contraire.
  • Cette facilité psychologisante allait encombrer pas mal de thrillers d’après-guerre.

Il y a donc ici tellement de « si » qu’on pourrait mettre St. Mary Mead en bouteille. Pour nous prendre par les sentiments Agatha nous gratifie d’une heureuse union à la fin.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_%C3%89nigme_(t%C3%A9l%C3%A9film,_2006)

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Derni%C3%A8re_%C3%89nigme

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