Monsters (2010) 8/10 film

Un film anglais de qualité, fait paraît-il avec trois fois rien, et qui pourtant sort avec panache des sentiers battus de la science-fiction.

Une équipe dynamique et motivée a réalisé un quasi documentaire sur un joli couple qui tente d’échapper à de monstres venus de l’espace. Nos victimes potentielles sont au mauvais endroit. Elles vont avoir à faire à des créatures qui contaminent la planète et que les autorités ont grand mal à endiguer. Le Mexique, pays d’accueil, est meurtri. Les USA érigent des fortifications. Peine perdue, le mal diffuse.

Cette association méritante d’acteurs, réalisateur et tutti quanti, a réussi à rendre « ordinaire » l’extraordinaire. Et même les gigantesques pieuvres terrestres fluo deviennent crédibles ! On ne les verra qu’une fois en entier, à l’occasion d’une sorte de bal nuptial.

C’est filmé « jeune ». C’est à dire que c’est fait volontairement avec une caméra à main levée, qui pour chaque plan est judicieusement positionnée. Le rythme est rapide. L’image fourmille de détails et d’allusions. L’intrigue est claire et nette. C’est du cinéma intelligent mais qui permet quand même plusieurs niveaux de lecture. D’où son immense et inespéré succès.

Les acteurs sont bons et on les sent dévoués à la cause. Ils ont l’avantage d’être plus imprévisibles que d’habitude car ils ne sont pas très connus. Qui sait ce qui peut leur arriver ?

  • Le devenir d’un Tom Cruise serait lui assez inévitable. Un acteur si célèbre doit forcément terminé vainqueur en super-héros.

Le déroulé est tout aussi souple. Et on semble découvrir l’action au fur et à mesure qu’elle se produit, avec son lot d’incertitudes bien naturelles. Et surtout on n’en fait pas trop. Les suspenses sont à taille humaine, malgré des monstres de 150 mètres de haut. Le son n’est pas envahissant et/ou abrutissant comme dans les opus classiques. On est loin du déterminisme conventionnel des films hollywoodiens.

  • On prête souvent au courant Netflix cette rafraîchissante façon de faire. Mais ici c’est du cinéma dit indépendant.

On dit que le film est à petit budget. Le producteur, qui ne revient pas du succès du film, le confirme. Mais franchement cela ne se voit pas.

Il y a d’immenses immeubles dévastés, des carcasses de véhicules militaires, des bateaux et des avions écrabouillés dans la jungle, de vrais tanks et de vrais avions opérationnels. Toutes choses a priori coûteuses à mettre en place. Soit ils ont filmé habillement des casses, soit ils ont utilisé intelligemment les images de synthèse, et sans doute un mix des deux, mais le résultat est on ne peut plus réaliste. Parfois il suffit de quelques vieux panneaux de signalisation, prévenant de la proximité des monstres, pour faire le job. Bravo les jeunes !

L’astuce est de toujours nous mettre à une certaine distance des créatures. Tout est dans l’évitement. Et puis il y a la débrouille et les combines. Avec un peu d’argent on arrive mieux à s’en sortir.

Un jeune journaliste très bien joué par Scoot McNairy, 33 ans, est chargé de rapatrier la fille du grand patron. Whitney Able, 28 ans, est la craquante petite blonde au sourire mutin et charmant. Ce mannequin ne fait pas trop fille à papa pour le coup. Les cheveux courts vont bien à cette nouvelle « Mary à tout prix » (1998). Qui ne voudrait pas la tenir dans ses bras ?

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Il faut à tout prix éviter la zone dangereuse dûment balisée. Ils prennent un des derniers billets pour un bateau qui va contourner le problème. Les négociations sont dures. Et finalement ils ne peuvent pas embarquer. Il faudra qu’ils traversent la partie interdite et extrêmement dangereuse. Les épreuves ne seront pas si difficiles que cela. Il y aura des morts en masse. L’angoisse légitime est permanente et bien suggérée. Et à qui se fier quand tout part en vrille ?

L’histoire B consistera bien entendu à rapprocher sentimentalement le jeune homme et la jeune fille. Un beau couple à l’écran comme dans la vraie vie. Figurez-vous que ces deux là étaient faits pour s’entendre. Ils se sont réellement mariés l’année du tournage. Ils n’ont divorcé qu’en 2019.

Gareth Edwards est alors un jeune réalisateur (35 ans) qui fait presque tout ici : directeur de la photographie, responsables des effets visuels et scénariste. Ce multicasquettisme apporte une unité intéressante au film.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monsters_(film)

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