Papicha. Avis film. Hijab, Burkini, Eric Piolle. Mounia Meddour, Lyna Khoudri 8/10

Papicha est un premier film de la prometteuse Mounia Meddour, ou plutôt un coup de tonnerre dans un ciel serein. Il est à noter que ce long métrage de 2019 est réalisé avec l’assentiment du gouvernement algérien laïque, qui doit être tout content de taper sur les dangereux islamistes. Mais la réalisation me semble suffisamment indépendante.

Quelle force, quelle sensibilité, quelle actualité !

L’argument, très localisé dans l’Algérie tourmentée des années 90, celle des attentats meurtriers, est en fait intemporel, comme on le verra.

De jeunes et belles étudiantes sont passablement occidentalisées. Le début du film les montre en train de filer en douce pour aller en boite. Elles changent discrètement de tenues dans le taxi complice, et deviennent ainsi des bombasses délurées. Vraiment de très belles filles !

Elles s’amusent de manière insouciante.

Mais elles ne sont pas bêtes. Elles ont constaté la faillite de leur pays, économiquement et politiquement. Certaines disent : « pas un endroit qui ne soit pas dangereux en Algérie » – « tout le monde veut quitter l’Algérie ».

Cependant, la leader jouée par Lyna Khoudri veut encore y croire. Elle est considérée, avec un peu de moquerie, comme « patriote ».

  • D’ailleurs sa mère avait lutté pour l’indépendance, en planquant sur elle des fusils à destination du FLN.

Ses copines et copains sont partagés.

Certains sont gagnés par l’islamisme et relaient les messages contraignants. « Tu es une femme musulmane, tu ne dois pas ci, tu ne dois pas ça ».

D’autres tentent encore de lutter contre son emprise. Nedjma, dite « Papicha »/ Lyna Khoudri est à la pointe. Sa sœur sera sauvagement assassinée ce qui augmente encore sa révolte.

  • On est là dans un féminisme « réel » de très haut niveau qui n’a rien à voir avec ce consternant féminisme agressif, stupide et revanchard de nos houris de salon. Lesquelles devraient avoir honte de confisquer et galvauder un si noble concept.

Mais une bonne partie se conforme à ces diktats religieux, pour ne pas avoir d’histoires. Ainsi il faut accepter le système patriarcal archaïque des barbus. Le mariage doit se faire selon ces contraintes. Et une fois épousée la femme renonce a pratiquement tout y compris les études.

Une des copines est prête à l’accepter, mais on la guide vers un mariage forcé. Elle fricote avec un autre et tombe enceinte. Cela devient très compliqué pour elle.

Le voile gagne du terrain mais le pire vestimentaire est à venir avec l’incitation très appuyée à mettre le hijab. Une terreur noire qui cache presque toute la femme.

Ce qui est un prétendu choix pour certains, s’avère ici une obligation. D’abord ce sont des mots « couvre-toi ! », des incitations, puis viennent les violences et enfin des attentats.

La manipulation semble dérisoire au début, et on a envie de s’en moquer, mais cela monte en puissance. Les femmes intégristes s’en prennent physiquement aux professeurs de fac, juste parce qu’ils enseignent en français au lieu de l’arabe. On en est au niveau d’obscurantisme, de barbarie et violence extrême de la Révolution Culturelle de Mao.

Et tout cela conditionne une fatale autocensure. L’appel à mettre l’emblématique Hijab sonne comme l’obligation de faire le salut nazi et d’arborer des croix gammés. Au bout du compte toute la société est à genou.

Cela m’a fait penser à cette « innocente » histoire du maire de Grenoble Eric Piolle, favorable au burkini. Ce qu’il prétend être un « non-sujet » est en fait le premier pas dans énorme un piège à loup. Ce malheureux a gobé tout cru la prétendue demande libertaire. A moins qu’il n’y ait vu un bénéfice électoral. Dans les deux cas, cet homme est dangereux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Papicha

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