Parle avec elle (2002) 4/10 coma bidon

Démolition.

Les états végétatifs irréversibles mais qui ne seraient pas si définitifs qu’on veut bien le dire, passionnent le grand public (*)

Pedro Almodóvar enfourche donc lui aussi ici le canasson porteur du coma définitif. Avec comme par hasard, ici aussi une résurrection inespérée. Le pire étant que le « réveil » de la belle « endormie » n’est pas du tout indispensable à ce film de 2 heures. Il aurait pu être agréablement écourté sans cela. Le message aurait été plus concis et plus intéressant.

Voici l’action. Deux hommes veillent à leur manière sur deux femmes dans le coma. Leur attirance réciproque pour ces cas désespérés, les rapprochent.

– La ravissante actrice Elena Anaya Gutiérrez joue Alicia. Alors qu’était danseuse de haut niveau dans sa vie active, là elle passe son temps dans un lit d’hôpital. Elle est voluptueusement caressée et lavée. C’est une victime d’accident d’auto.

– La gitane Rosario Flores est dans le film Lydia. Une torera professionnelle qui finit par être mis sur la touche définitivement par un taureau trop fort pour elle.

Quant aux deux hommes :

– L’un est un incrédule sentimental et rationnel. Assez bien joué par l’Argentin Dario Grandinetti.

– L’autre est un infirmier, de l’autre côté de la barrière et très proche de ces victimes en sursis. Il « parle avec elle(s) ».

C’est l’excellent acteur Javier Cámara Rodríguez (*) On y croirait totalement si Almodóvar n’en avait pas fait un homme vierge de 45 ans qui préfère virtuellement les hommes mais qui pourtant finit par rendre enceinte la danseuse en état végétatif. C’est pour le moins tiré par les cheveux. Surtout quand on apprend que ce qui le fait céder, c’est d’avoir vu un film noir et blanc muet et grotesque où le héros rétrécit et finit par avoir la taille d’un pénis et se glisse définitivement dans le vagin de l’héroïne. Trucage en carton pâte mal réussi d’ailleurs.

Les prétentions oniriques et fantasmatiques du propos ne sont ni vraiment provocatrices, ni vraiment bouleversantes. On dirait une imitation ratée d’un faux Almodóvar.

Rien de bien emballant. Plutôt laborieux. Un pâle reflet de feu (**) l’étincelant réalisateur.

Au total un film un peu nigaud et maladroit, fait par un réalisateur qui semble « comateux » lui aussi et/ou qui s’en fout et gaspille son talent.

Et comme on l’aime bien, on est presque gêné de le voir en arriver là.

Ah, j’allais oublié ! Il y aussi la vibrante interprétation « live » de « Cucurrucucú paloma » dans le film. Mérite le détour.

(*) Javier Cámara Rodríguez remarquable dans l’excellent « Les amants passagers », plus tard en 2013.

(**) le « feu » réalisateur sortira de son coma lui aussi en faisant de bien meilleurs films par la suite.

  • Comme je ne suis pas borné, vous trouverez dans le blog du cinéma, un avis flatteur et totalement opposé au mien sur le film.

https://www.leblogducinema.com/critiques/critiques-films/parle-41674/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parle_avec_elle

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