Remi sans famille (2018) 5/10

Pauvre Hector Malot et pauvres de nous.

Ce livre puissant qui a touché tant d’enfants, a été transformé en une mièvrerie stylisée de bien piètre qualité.

Je ne sais pas s’ils l’ont fait exprès, mais cela finit par ressembler bougrement à un de ces blockbusters américains familiaux de fin d’année (*).

L’aspect mélo est édulcoré. Ce qui aurait pu rivaliser avec La Strada, tout en préservant la sensibilité enfantine, n’est plus qu’une romance aux couleurs criardes et au déroulement plan-plan.

Les méchants sont des caricatures grossières et répétitives d’un film à l’autre. C’est clairement inspiré de ces mauvaises productions anglo-saxonnes. Ce sont des caractères ultra-conventionnels, venus d’ailleurs, et qui ne correspondent pas du tout à nos présupposés français.

C’est dans la même veine que ces contes de Perrault, La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, Cendrillon etc que l’on ne nous représentent plus que disneyisés. Avec cette inversion des valeurs qui fait que le grand public croit que c’est l’original qui s’est inspiré de la copie.

Je ne fais pas là une plaidoirie franchouillarde. Ce n’est pas l’héritage spolié qui me préoccupe, mais l’absence de génie de ce cinéma là. Les gosses méritent mieux que ce reader digest. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, on n’entre pas dans les classiques avec des produits issus d’une mauvaise digestion. Ce n’est pas le pâté en boite à deux balles, qui nous permet d’apprécier le foie gras.

Et c’est une sacrée fumisterie d’essayer de nous faire croire, que pour rentrer là dedans il faudrait avoir juste conservé son âme d’enfant. Ça c’est plutôt le genre d’ânerie dicté par le marketing. Il faut être bien sot pour gober cela.

Quant au blabla sur la critique sociale. De grâce ne commettez pas d’anachronisme et ne parlez pas de ce que vous ne savez pas.

Jacques Perrin semble en fin de piste. Daniel Auteuil ne brille pas particulièrement. Virginie Ledoyen fait de la figuration. Des noms connus ne sauvent pas tout. Au contraire cela rend le naufrage plus pathétique encore.

(*) Et on ne peut vraiment parler ici de la magie de Noël. Déjà que celle-ci ne se porte pas très fort depuis qu’elle a été happée par le mercantilisme grossier actuel. C’est plus ici le Christmas d’un Oncle Sam à grande barbe blanche et habillé en habit rouge imposé par la firme Coca-Cola, et qui serait passé par Disneyland.

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9mi_sans_famille_(film)

Daniel Auteuil
Maleaume Paquin
Virginie Ledoyen
Ludivine Sagnier
Nicholas Rowe

Remi sans famille (2018) 5/10
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