Salaire du diable. Jack Arnold fait danser Orson Welles et Jeff Chandler. 7/10

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« Le diable » en question ou encore mieux dit « l’homme dans l’ombre » (Man in the Shadow), est cette figure imposante, le grand Orson Welles. Il y interprète parfaitement, ce qui semble son propre rôle. Celui d’un homme intelligent, puissant et manipulateur. Et comme il a pris de la bouteille, il n’a plus trop à se dresser sur ses ergots de jeune homme, pour paraître plus grand. Moins cabotin, il en devient plus crédible.

Le voilà en chef du ranch Golden Empire, une énorme entreprise qui fait vivre toute la région. C’est un tycoon tout puissant, à qui personne ne doit ou ne peut résister.

Il a diligenté ses sbires pour donner une leçon à un de ses innombrables employés mexicains. Ce beau jeune homme tournait autour de sa fille. Laquelle s’ennuyait et n’était pas indifférente.

Mais l’affaire a tourné au fiasco, avec le meurtre du jeune homme, qui se défendait un peu trop. Orson se voit contraint de couvrir cette « erreur », dans laquelle il est quand même très impliqué, comme possible commanditaire.

En face de lui se dresse un shériff intègre joué par Jeff Chandler. Bien qu’il avance à pas feutrés, qu’il est conscient du risque de mensonges de part et d’autre, il finit par se faire une conviction.

Mais tout le monde se dresse contre lui. Pas de vagues, lui recommande-t-on ! Surtout que notre Welles fort mécontent, menace de déplacer son entreprise et de faire crever ainsi le village.

Les shériffs étant élus, Chandler risque d’être lourdé comme un malpropre. Les pressions sont multiples pour le faire abandonner, mais il tient bon. Cet acteur, massif comme une armoire normande, ne semble pas donner prise aux intimidations.

Le principal témoin est assassiné ; un classique dans le système américain. Plus personne pour prétendre l’avoir vu, et donc pas pris.

Une partie de poker va se jouer devant nos yeux. Chacun avance ses belles combinaisons de cartes ou fait du bluff, comme il se doit. La confrontation musclée Chandler / Welles est le passage ultime obligé. Le western n’est jamais loin.

Le réalisateur méticuleux Jack Arnold sait rendre tout cela bien palpable. On savait y faire en 1957. Le spectateur est bien entendu obligé de se ranger du côté de la justice et de Chandler. Mais les ruses de Welles ne laissent pas indifférent.

L’affaire est menée de mains de maître et se termine comme il se doit.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Salaire_du_diable

https://en.wikipedia.org/wiki/Man_in_the_Shadow_(1957_American_film)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeff_Chandler_(acteur)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orson_Welles

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