Soleil rouge (1971) 5.5/10

Ce film a bénéficié d’une forte exposition publicitaire en 1971.

  • D’abord parce qu’on peut faire du tapage quand on aligne ces 4 là : Terence Young (3 James Bond), Ursula Andress (sex symbol de première classe), Delon et Bronson.
  • Ensuite on peut faire du teasing en prétendant renouveler le genre western en mettant en scène une opposition entre un cowboy et samouraï.

Ce long-métrage ne m’avait pas fait bonne impression à sa sortie.

50 ans après le constat est le même. Il n’y a rien de bien convaincant là dedans.

– Terence Young nous fait pourtant un début habile, avec de belles images, de l’originalité dans la prise de vue et un montage complexe et efficace. Il y a de l’action dans ce hold-up de train en plein désert aride.

Et l’introduction de la problématique centrale du film se fait bien a propos. Les malfrats braquent les passagers, dynamitent le fourgon postal plein d’or et finissent nez à nez avec l’ambassadeur du Japon. Ils prennent sa grosse monnaie et Delon subtilise le cadeau impérial destiné au président des USA, un magnifique katana en or. A noter que Delon est extrêmement méchant dans ce scénario. Une vraie sale bête qui tue à tour de bras.

– La fin est assez dynamique, quoique conventionnelle et un peu larmoyante.

– Le problème n’est pas tant dans les extrémités que dans le gros noyau central.

Il s’agit de la trop longue et lassante pérégrination, à pied puis à cheval, d’un couple de circonstance formé par cet Américain retors mais souple, avec ses oripeaux de cow-boy (Charles Bronson) et cet inflexible Nippon, en tenue d’apparat (Toshirô Mifune).

Les deux veulent en découdre avec Delon, le chef du gang. L’un parce que le Français a pris sa part de magot et l’autre parce qu’il doit retrouver le sabre confisqué par le même, sous peine de devoir se faire hara-kiri.

Ils deviennent des associés suspicieux de circonstance.

Et ils se chamaillent sur la façon de mener à bien leur mission. Et bien entendu ces faux amis finissent par se respecter après quelques épreuves.

Et comme on s’ennuie ferme, on rajoute des Comanches haineux et bien sauvages. A cette époque, et pour quelques films encore, les Indiens étaient juste des insectes nuisibles et il fallait s’en débarrasser au Fly-tox.

Ursula Andress et Capucine apportent une bien désuète touche de féminité. En ce sens qu’elles sont clairement des objets sexuels capricieux qu’il serait bon de mater pour les rendre parfaitement soumises à tous les fantasmes (du spectateur mâle). Elles sont nommément qualifiées de « putains », soit pour l’une parce qu’elle veille à ses intérêts en choisissant l’homme le plus protecteur, soit pour l’autre parce qu’elle l’est réellement. Cette caractérisation passerait plus difficilement aujourd’hui, et sans doute avec des excès inverses.

Mais Ursula, en Vénus triomphante, nous rappelle quand même un peu ce qu’on entend par l’éternel féminin. Quelque chose qui ne manque pas de résonner chez certains d’entre nous, mais qui est devenu un épouvantail essentialiste pourchassé par les ultra-féministes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_rouge


Charles Bronson

Alain Delon
Toshirô Mifune
Ursula Andress
Capucine
Envoi
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