Soy Nero. Film Avis. Rafi Pitts, Johnny Ortiz – Résumé (2016) 7/10

(Arte replay)

Je ne sais pas pourquoi il m’a semblé nécessaire de mettre un 7/10 à ce film. Alors q’une partie de moi-même me sussure qu’il mérite objectivement moins.

Mais il y a une impression de sincérité, qui force le respect. Et puis ce long métrage aux airs de ciné indépendant, est assez dépouillé. Il refuse les artifices et le plus souvent il se déroule sans musique. Cet isolement volontaire semble vouloir nous transmettre un message.

Pour bien profiter du film, il faut le prendre comme il vient.

Et donc, je vous conseille de ne lire ce qui suit, qu’une fois que vous l’aurez visionné.

On découvre d’abord des personnes qui tentent de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis. C’est loin d’être facile. Il y a de hautes parois, des gardes qui sont très attentifs, des patrouilles, des hélicoptères…

On finit par suivre plus particulièrement un jeune de ces chicanos. Il profite d’un feu d’artifice pour passer.

De l’autre côté, il fait du stop, mais les Américains blasés et agacés ne s’en soucient guère.

Un homme finit par s’arrêter. Il est accompagné de sa toute petite fille, avec laquelle il est très complice. C’est rassurant.

Mais il tient aussi de bizarres propos conspirationnistes.

Il lui montre le flingue qu’il a dans le vide poche, en soutenant que c’est pour avoir des « liens sains » avec les autres. Malaise ! C’est ça aussi l’Amérique !

Ils s’arrêtent pour pisser. Pour le conducteur, l’immense parc d’éoliennes qu’ils approchent, ne fournit pas d’électricité, mais en consomme au contraire. C’est une opération secrète destinée à compenser une funeste inclinaison de la terre. Il donne même le pourcentage au dixième près. On ne sait pas trop si le gars plaisante ou y croit réellement. La suite montre qu’il est vraiment allumé.

Ce n’est pas mieux du côté du latino. Lui, il soutient qu’il est Américain, qu’il a été reconduit à la frontière, car ses parents étaient installés illégalement en Californie. Il revient car il veut rejoindre dans l’armée US pour devenir un « green card soldier ». C’est à dire qu’il pense pouvoir être régularisé parce qu’il se sera engagé. Dit-il la vérité ? La suite montre que oui.

Quand la police commence à s’intéresser au chauffeur parano, notre clandestin se barre discrètement.

Il finit par rejoindre L.A. où se trouve son frangin « Jésus ». Il n’est pas dans ce miteux garage où il était supposé travailler.

Notre nomade obtient son adresse. Il rejoint à pied un prestigieux endroit de Beverly Hill. Là encore, il échappe de peu aux flics.

Ce frère tant recherché et sa copine, occupent une maison à plusieurs millions de dollars. Ils sont silencieux sur le pourquoi d’une si soudaine fortune. Le frère qui semble avoir si bien réussi, lui promet monts et merveilles. Il faut dire qu’il est complètement saoul.

Au matin, la situation apparaît beaucoup moins glorieuse. Le frère n’est qu’un tout petit employé et sa copine une bonniche. Les patrons étaient en déplacement.

Ce frère n’a rien à donner à Niro, à part sa carte d’identité au nom de « Jésus »

Et hop, la longue scène suivante se passe quelque part dans un désert arabe, type « tempête du désert ». Le faux « Jésus » a réussi à entrer dans l’armée avec ce viatique.

Lui et quelques autres soldats sont sur un petit poste de contrôle. La tension est d’autant plus énorme qu’il y a un sérieux risque terroriste. C’est l’attente façon « Désert des Tartares », avec des gars sur le qui vive, qui ne savent pas trop où regarder, et qui se laissent aller.

Un premier véhicule qui se présente, leur fait déjà très peur. Est ce que ce sont des gens susceptibles de se faire sauter pour détruire leur position ? Non, c’est bon pour ceux-là.

La voiture suivante s’approche doucement, mais refuse de s’arrêter. Ils tirent sans que l’occupant ait vraiment menacé qui que ce soit. Prise de tête, fallait-il le tuer pour autant ? Oui pour celui-là.

Le démineur imprudent, qui a été appelé pour l’inspection, va sauter avec le véhicule. Une nuée d’assaillants finit par s’emparer du poste. Les rescapés s’enfuient comme ils peuvent. Ils vont être dégommés l’un après l’autre.

Seul Nero va s’en sortir. Après avoir marché dans le désert – beaucoup trop longtemps – ; débraillé, en tee-shirt, l’arme à la main, il rencontrera une patrouille US. C’était inespéré.

Ce n’est pas pour autant gagné, car on prend ce basané pour un ennemi potentiel. Il pourrait être un suppôt d’Al-Qaïda, qui se serait emparé de ces effets, pour se faire passer pour un G.I.

Le film se termine sur un point d’interrogation. Soumis à la question, il décline correctement son nom de famille mais ne parvient pas à dire son prénom d’emprunt. Souvenez-vous que « Jésus » n’est pas son prénom à lui.

Le film est étonnant, il est découpé comme un film à sketches. Avec des histoires finalement assez distinctes mais qui sont reliées par le projet d’intégration patriotique du jeune. Il y croit à cette Amérique qui peut donner une chance à pratiquement tout le monde, en théorie. Il est prêt à prendre le risque d’y laisser sa peau. Il a plus que tout besoin de se sentir chez lui quelque part.

Alors que le pays « d’accueil » se révèle tout sauf accueillant.

C’est une assez bonne peinture où dominent des nuances de grisaille. Rien n’est dit, mais on perçoit facilement le déracinement, l’étrangeté, le doute, l’insécurité, des espoirs précaires, de faux espoirs, des sentiments mêlés, la difficulté à trouver des repères vraiment stables…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soy_Nero

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