Tavernier voyage à travers le cinéma français après guerre (2016) TV5 son expérience – 8/10

Ce film documentaire fait suite à Tavernier voyage à travers le cinéma français avant guerre (2016) TV5 meilleurs réalisateurs + Gabin. 8/10. Tavernier voyage à travers le cinéma français avant guerre (2016) TV5 meilleurs réalisateurs + Gabin. 8/10

C’est un voyageur privilégié puisqu’il observe cela pratiquement de tous les angles possibles. Il a été simple amateur, jeune critique, puis observateur de près sur les plateaux de cinéma.

Il a mis les mains dans les bobines comme assistant réalisateur chez Melville. Kubrick lui a donné sa chance comme attaché de presse. Ce qui n’a pas empêché notre impétueux Français de lui lancer à la figure ce télégramme démission « En tant que cinéaste vous êtes un génie, mais dans le travail, vous êtes un crétin » (As a director, a creator, you are a genius, but in the work, you are an imbecile)

Il n’a pas froid aux yeux (hum).

Ce deuxième volet touche au cinéma français renaissant qu’il a côtoyé de si près. On note de clairs partis pris.

Il commence par un contre-pied. Il encense Eddie_Constantine qui a enchanté sa jeunesse. Il cite comme un film important Cet_homme_est_dangereux de Jean Sacha. Peu sont ceux qui défendent cet acteur et les longs métrages où il joue. Nombreux sont ceux qui se montrent méprisants ou condescendants ou qui préfèrent même ne pas en parler.

Pour ma part, je salue ce choix. J’apprécie comme un béotien les tribulations de cette armoire à glace. Pas forcément pour ses faits d’armes, mais l’action inventive et adapté à son personnage, pour sa cool attitude et ses paroles. C’est aussi réjouissant qu’un Tintin full size qui serait enfin sexué.

Je ne savais jusque là tant de fées s’étaient penchées sur son berceau. Il y a eu des transfuges du Maccarthysme. Des Américains venus se réfugier à Paris. Tavernier décortique ici comme ailleurs les trouvailles de la mise en scène, de la réalisation et de la composition musicale.

  • On salue de loin, car on n’est pas trop intéressé par ce qui se passe en cuisine. Heureusement qu’on n’est pas contraint de connaître les règles du champ contre-champ (mesuré au millimètre par son mentor Melville) pour apprécier une œuvre

Tavernier oblique alors sur Les_Quatre_Cents_Coups de François Truffaut, dans une admiration très sobre cette fois. On sent que le 401ème coup fut pour lui.

Se rapportant à son expérience cinéphile il retourne avant guerre à Edmond_T._Gréville avec 1934Remous, 1940Menaces et il remonte après le conflit en 1948 avec Noose. On sent que c’est cinématographiquement et techniquement important, mais je ne dois pas être le seul à être largué, n’ayant jamais vu ces films.

A présent on tombe dans du plus palpable et du plus polémique. Il est juge et partie quand il s’agit de Jean-Pierre_Melville ( « Aliquis non debet esse judex in propria causa, quia non potest esse judex et pars » )

Ce réalisateur semi américain l’a pris sous son aile et lui a appris les rudiments du métier. Il est forcément reconnaissant. Et comme Melville en faisait des tonnes, Tavernier l’a souvent cru sur parole.

Soit, Léon Morin, prêtre et L’Armée des ombres sont remarquables. Je suis comme lui abasourdi par l’intelligence et l’efficacité de Léon Morin, prêtre. On atteint l’intemporel avec ce sujet inattendu.

Mais il y a aussi Le Doulos, Le Deuxième Souffle, Le Samouraï, Le Cercle rouge. Je ne partage pas l’estime de Bertrand pour ces films, bien qu’il reconnaisse que Le Cercle rouge n’est pas terrible. Il s’appesantit sur Le Doulos et Le Samouraï, comme si c’étaient des leçon de cinéma. Autant dire que je n’ai pas aimé ces travaux là. J’ai peut être tort puisque Tarantino aurait affirmé que Le Doulos était son film préféré.

Suis l’épisode marquant de Rome-Paris_Films, une entreprise qui doit beaucoup au succès de A bout de souffle. On y retrouve  Jacques RozierJacques DemyAgnès VardaClaude ChabrolJacques RivetteÉric Rohmer

Tavernier salue en trombe, Adieu Philippine (Jacques Rozier, 1960) et on veut bien le croire avec le magnifique travelling qu’il nous montre. Même adhésion et même célérité pour Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda

Il ne peut pas ne pas reconnaître le talent du foutraque Jean-Luc Godard quand il s’agit de 1960 : À bout de souffle et 1963 : Le Mépris. Pour le reste je suis également très circonspect.

Il en est de même pour Claude Chabrol avec son bon 1963 : Landru. Un passage savoureux montre le troll Chabrol en train de disserter sur l’acceptabilité des crimes au cinéma. Et si Landru avait utilisé le hachoir à moulinette ?

Selon Tavernier Pierre_Schoendoerffer a fait le meilleur film de guerre possible avec La 317e Section pourtant il n’était pas sans ignorer Il faut sauver le soldat Ryan de 1998 lors du documentaire. Une œuvre qui a poussé les curseurs encore plus loin selon moi.

Autant le dire tout de suite, je ne partage pas du tout l’admiration de Tavernier pour Claude_Sautet. Ce cinéma très nouvelle gauche me semble à présent très convenu et daté, à part Un mauvais fils.

Les Choses de la vie est supposé être « un sismographe de ce qui est en train d’arriver en France », Max et les Ferrailleurs serait « proche de Fritz Lang », César et Rosalie, Vincent, François, Paul… et les autres ne m’emballent pas non plus. On se croirait dans les prémices de l’impasse bobo avec ces bourgeois « progressistes ».

Il aurait mieux fait de s’intéresser à Éric Rohmer. Ce serait le cas dans la découpe télé en 8 épisodes. Mais je n’ai rien vu de tel ici dans le récit en deux tomes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_All%C3%A9gret

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Tavernier

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eddie_Constantine

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cet_homme_est_dangereux

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Sacha

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Quatre_Cents_Coups

https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_T._Gr%C3%A9ville

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Melville

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rome-Paris_Films

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Godard

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Chabrol

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Schoendoerffer

https://fr.wikipedia.org/wiki/Il_faut_sauver_le_soldat_Ryan

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Sautet

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