The Green Hornet (2011) budget de dingue et film BD qui tourne mal. 6/10

On voit bien l’intention parodique. Il s’agit de détourner l’esprit super-héros des bandes dessinées, en prenant comme référence, les plus basiques.

Le résultat est une sorte de cocktail, plus ou moins buvable, de ces séries qui ont déjà fait l’objet de travestissement au cinéma. On s’est moqué des Batman et autres héros en collant, et donc on se moque de ces moqueries, en rajoutant tant et plus. Une sorte de volonté d’humour au carré.

On doit cela à un Français très américanisé, et branché BD, Michel Gondry.

Le problème, c’est que c’est assez foutraque. Il y a des emprunts manifestes ici ou là, mais avec une tendance à la lourde démesure. C’est assez indigeste malgré un panel de grands acteurs qui cherchent à atténuer cela.

Le début n’est pas mauvais, car il est plus intimiste, moins agressif. On est dans une tonalité acceptable de type Austin Powers, avec un jeu constant sur les références, en moins subtil cependant. Et les gadgets sont intéressants, dont une sorte de Batmobile/voiture-James-Bond qui est du pain béni pour les attachés de presse. Il y a même des allusions à Ben-Hur !

A voir la mine réjouie de Seth le héros principal, on est dans l’idée d’un grand gamin en roue libre dans le candy-shop (magasin de bonbons) ; ça fait comment d’avoir tous les pouvoirs et de prendre tout ce qu’on veut ? Voilà de quoi combler l’imagination de nos indécrottables ultra-consuméristes.

Mais la grande différence vient par la suite et pollue toute la fin. Le film devient un banal blockbuster ; à 120 000 000 de dollars tout de même.

Il y aura donc des effets spéciaux en pagaille, des armes de toutes sortes, des coups de feu incessants, des blessures, des poursuites acrobatiques, des accidents de bagnoles gigantesques, une machine à café hors de prix et j’en passe.

On tourne au scénario bêtement cathartique. C’est d’autant plus navrant que c’est inutilement offensif et que cela tourne presque au sadisme. Mike_Myers avait lui l’avantage de faire fort sans utiliser ces grossiers procédés émotionnels. La violence ne résout rien, l’ami ;au cinéma comme ailleurs.

L’histoire en soi est assez bête et peu équilibrée. Il y a d’un côté Seth Rogen qui incarne un fils de famille ultra-friqué et je-m’en-foutiste. Il n’arrive pas à s’occuper de lui-même. Il est en conflit permanent avec son père qui est à la tête d’un grand quotidien. Le vieil homme est débordé car il doit veiller sur son équipe de plusieurs centaines d’employés tout en tenant acrobatiquement la ligne éditorial. Il est soumis à de lourdes pressions.

Ce père imposant décède suite à une supposée piqûre de frelon vert (Green Hornet). Seth est donc ce grand flemmard hédoniste qui va hériter de l’empire de presse.

Grâce à son très doué employé de maison asiatique Kato (Jay Chou), qui joue l’assistant, il va finir par défendre les grandes valeurs américaines. Il n’y a pas à faire un dessin (animé) ce Kato est clairement une référence au Kato de La_Panthère_rose. Donc, voilà un clin d’oeil très appuyé au bon cinéma humoristique européen (Peter Sellers)

Ils vont jouer le duo classique des redresseurs de tort, à la Batman et Robin (Robin n’apparaît au cinéma qu’en 1995, dans  Batman Forever). S’en suit une bataille anti corruption des plus habituelles. Il y a bien des tentatives d’introduire de la psychologie élémentaire, comme ces jalousies entre l’employé Kato et la patron Seth. Ou bien dans le conflit œdipien père fils. Cela ne vole pas très haut. Le film est déjà trop long sans cela.

Maintenant, il faut un bête et méchant. Christoph Waltz se débrouille bien en caïd suprême fondamentalement paranoïaque et stupide, qui tue d’abord et discute après. C’est une sorte d’ has-been de part son look, sa manière d’être et son accoutrement.

Il manque une femme ! Michel Gondry joue avec l’âge de Cameron Diaz. A près de 40 ans, elle ne peut plus manifestement faire les jeunes premières (désolé les anti-Yann Moix) et les dialogues ne tournent pas autour du pot.

On me dira qu’il ne faut pas prendre cela au sérieux, qu’il faut lacher prise. Et ce n’est pas faux. Du coup j’ai un peu accéléré le débit grâce à ma zappette pour en finir au plus vite.

Pour les masochistes qui veulent se prendre des camions sur la tronche, il y a une version 70mm (IMAX 3-D). On voit bien le côté parc de loisirs qui cherche à nous donner des frissons pas chers (cheap thrills).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Gondry

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Myers

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Panth%C3%A8re_rose_(s%C3%A9rie_de_films)

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Green_Hornet_(film,_2011)

Seth Rogen
Jay Chou
Cameron Diaz
Christoph Waltz

The Green Hornet (2011) budget de dingue et film BD qui tourne mal. 6/10
Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire