UGOLIN. Avis film Pagnol Marcel et Jacqueline. 8/10

Le film Manon des sources de 1952 comporte deux parties. Manon des sources proprement dit et Ugolin.

C’est un drame paysan avec un intéressant chemin vers la rédemption.

On sait par le premier épisode que Manon a vécu une enfance effroyable comme toute sa famille et elle pointe du doigt Ugolin et ce village qui détourne les yeux. Le bonhomme a juste voulu faire une bonne affaire en leur bloquant leur approvisionnement en eau. Manon se vengera en fermant le robinet à tout le village. Elle est obstinée et entend bien les entraîner tous à leur perte.

La deuxième partie raconte ce long cheminement pour qu’on identifie le coupable et les coupables par leur silence. Il faudra aussi que Manon, jouée par la finaude Jacqueline Pagnol fasse son chemin. L’amour sincère et les repentirs des villageois feront le reste.

Le récit est en soi intéressant mais l’essentiel n’est pas là. Ce film qu’on peut revoir avec plaisir plusieurs fois, cache des trésors d’intelligence, de finesse et de compréhension.

Il nous force aisément à partager ce monde ancien si bien structuré (en tout cas ici) avec de vrais gens et de vrais problèmes.

L’instituteur incarné par Raymond Pellegrin est un des pôles reconnus par les protagonistes. Sa parole est respectée comme c’est le cas pour celle du curé. Henri Vilbert qui a de belles lignes à déclamer s’en sort très bien. A noter son intelligente intervention, selon son auditoire, entre les miracles divins et ceux des hommes.

Il n’y a sans doute pas assez d’habitants (moins de 200) pour avoir un troisième pilier, comme le médecin.

En tout cas remarquez le respect sincère et mérité pour ces personnes emblématiques. Ces temps sont loin. Petit bémol, l’ingénieur dont on espérait tant, se fera sortir du conseil municipal. A juste titre sans doute, vue son arrogance et son absence d’empathie.

Rellys joue avec les nuances qu’il faut le personnage ingrat d’Ugolin. C’est à dire qu’il défend au début son champ d’œillets bec et ongle, comme si de rien n’était. Puis par la suite il tente de sauver sa peau avec tous les arguments de la terre. Et enfin il renonce. On voit bien le drame de l’homme à travers cela.

Henri Poupon, le Papet n’a pas l’importance ici, qu’il a dans les pagnolades plus récentes.

Tous les acteurs sont de qualité avec une présence exceptionnelle.

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