Under the Tree (2017) 7/10 malheur islandais, les femmes aux commandes !

Haines ordinaires en Scandinavie. Massacre à la tronçonneuse opus 10.

Un jeune papa regarde en cachette une ancienne vidéo coquine. L’enregistrement date d’avant son mariage, lors de vacances avec une jolie copine.

Sa femme tombe au mauvais moment. Le gars est en train de s’astiquer en revoyant cela sur son portable. Elle part tout de suite en furie, sans même savoir le pourquoi du comment. « Tu me trompes, pars de cette maison ! Tu ne verras plus ta fille ! »

On sent que ce commandement péremptoire et sans appel est dans l’air du temps. Elle doit s’inspirer du dernier sitcom protestant rigoriste, ou de propos d’un groupement de Desperate Housewives haineuses.

Rapidement, sans même le prévenir, elle s’arrange pour avoir l’autorité parentale provisoire.

Il est totalement désarçonné et incapable de faire entendre sa « défense ». Il ressent un fort sentiment d’injustice alors qu’il a indiscutablement de l’amour pour sa fille, mais aussi pour sa femme.

Se sentant fort de son bon droit, il enchaîne les bévues et aggrave son cas. Au point que les autorités vont sans doute prendre partie pour la mère. Il voulait juste voir sa fille !

A ce stade, la plupart des hommes diront d’elle que c’est une foutue… ce que vous voulez.

Mais il y aura bien entendu des femmes pour prétendre qu’elle a raison de saccager cette famille même pour ce pécher véniel.

Il faut dire qu’on est passé du stade où la faute commise était sanctionnée, à celui où même le rêve est proscrit et puni des pires peines.

Ce qui n’empêche pas la femme de coucher presque au premier soir avec un autre, dès que la séparation est effective. Et là encore elle trouvera des supporters pour lui donner raison.

A décharge de la belle houri, le couple ne marchait plus très fort. Elle ne fait que hâter l’inévitable séparation, qui touche d’ailleurs tant d’unions de nos jours. Cette femme capricieuse se lamente de ne plus être la princesse désirée des débuts.

A quoi je pourrais rajouter que notre bonhomme aurait du se méfier d’un tel caractère avant de s’engager. Il devait bien y avoir des signes précurseurs à ce féminisme punitif. Mais c’est à présent si répandu dans le vieux et le nouveau continent, qu’il faut sans doute aller voir plus loin encore…

Les vieux parents de cet homme meurtri l’hébergent presque à contrecoeur. Cela a rapport avec le nouvel égoïsme des vieux, mais c’est aussi lié au fait que son frère défunt avait plus la côte que lui. Sa mère vit totalement dans le souvenir de ce fils suicidé. Au point qu’on peut la croire à demi folle. Elle rabroue le fils restant en permanence.

C’est là qu’intervient l’arbre éponyme. Une banale querelle de riverains cache cette bataille classique de territoires et d’égo. Il ferait de l’ombre à la femme du voisin, lorsqu’elle veut se faire bronzer. Ce n’est déjà pas facile de prendre des couleurs en Islande. Elle fait sa fière et ne pense même pas à déplacer son siège. C’est rapidement une question de principe.

Toutes les étapes de la guerre entre voisins seront franchies. Les approches diplomatiques n’auront pas de succès. Là encore, les femmes ont une grande responsabilité ; en tout cas déjà dans le film. L’affaire attendra des sommets et occasionnera plusieurs morts. Je n’en dis pas plus.

C’est long et pénible, mais c’est surtout l’intrigue qui veut cela.

J’y vois un conte parabolique sur la dégradation des rapports homme / femme dans nos sociétés occidentales. Je ne pratique pas l’islandais, mais je suis sûr que derrière ces noms Ikéa du réalisateur Hafsteinn Gunnar Sigurðsson ou du co-scénariste Huldar Breiðfjörð se cachent de jeunes hommes blessés.

Steinþór Hróar Steinþórsson

Edda Björgvinsdóttir

Sigurður Sigurjónsson (quel joli prénom, Sigurdur)

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/08/15/under-the-tree-l-arbre-de-la-discorde_5342571_3476.html

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