Vera Cruz (1954) 6.5/10

La Vraie Croix ou un vrai chemin de croix ?

Robert Aldrich réalise un western grand spectacle, avec de belles couleurs, une bonne photo et des acteurs de premier plan. L’action est soutenue. On ne s’ennuie pas trop.

L’intrigue est acceptable. Il s’agit du récit des alliances changeantes de desperados et démobilisés de la guerre de sécession, avec les troupes de Benito Juárez ou celles de l’empereur Maximilien. On va vers le plus offrant et le moins risqué. Géométrie variable.

Comme ce sont des aventuriers sans peur et sans reproche, principalement mus par l’appât du gain, ils tentent de se manipuler entre eux également. Les pactes sont labiles et peu respectés. Et là encore la ruse l’emporte sur tout le reste. Quand on parle de 3.000.000 en Louis d’or, tout le monde écoute.

L’attrait de deux femmes vient compliquer la donne.

L’une est une noble française avec ses belles manières et bien entendu elle mène le bal. Burt Lancaster paraît très sensible aux charmes de celle qui est jouée par une américaine réellement d’ascendance française, Denise Darcel. Il semble sous sa coupe et accepte de « travailler » pour elle en cachette. L’alliance de la carpe et du lapin, de la civilisation et de la semi-barbarie. Comme il est brutal et tout de noir vêtu, il ne l’emportera pas forcément au paradis.

L’autre est une jeune mexicaine à faire damner un saint. Une petite voleuse madrée qui bosse discrètement pour la cause juariste. Là c’est notre bon Gary Cooper qui se laisse prendre par le petit ouragan portatif, joué par l’actrice espagnole Sara Montiel. Mais bon ses intentions sont plus délicates… il en sera récompensé à la fin.

Les tribulations sont innombrables. Des centaines de Mexicains basanééééés sont alignés sur les sites stratégiques. On a le sentiment qu’ils ont enchaîné toutes les différentes scènes, sur plusieurs lieux bien distincts, en une fois, sans avoir le temps d’enlever leur sombrero, dans la même configuration.

Les Français sont certes stylés, mais ce ne sont que de méchants colonialistes qui veulent voler le Mexique. Et les pauvres paysans révoltés du cru sont les gentils, bien entendu. L’Amérique adore que les peuples choisissent leur destin, du moment qu’ils ne sont pas impliqués et que ce n’est pas sur leurs territoires de conquête.

Le choc de culture est au centre du jeu. Pour une fois les belles manières ne sont pas trop moquées par nos yankees. Il y a même une certaine attention qui leur est portée. Mais on démontre bien ici qu’il y a une grande part de vernis. Le naturel revient au galop. Les Américains peuvent dormir tranquille, leur modèle basique est préservé.

A noter la présence de Ernest Borgnine totalement conforme à sa légende. Et un Charles Bronson vraiment très discret. Cesar Romero nous fait un noble français dont on n’a pas à rougir.

Bien qu’il y ait une part d’imprévisibilité, on se doute assez vite que l’or ira à la cause émancipatrice révolutionnaire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vera_Cruz_(film)

Gary Cooper
Burt Lancaster
Denise Darcel
Cesar Romero

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