Vivre sa Vie (1962) Godard prostitue Anna Karina. Réalisateur gourou, cynique et pervers. 7/10

Et pute et soumise.

Humour noir.

Il faut être cynique et pervers pour envoyer sa toute mignonne jeune femme Anna Karina au turbin, sur le trottoir, et justifier sans rire qu’il la laisse ainsi vivre sa vie. C’est tout Godard ça. Un gros matou qui joue au chat et à la souris. Et comme son jouet est si beau, cet enfant gâté a juste envie de le casser exprès.

Leçon de morale.

Au début, il s’agit juste pour cette jeunesse de 22 ans, de régler son loyer avec quelques passes. C’est pour ainsi dire pour la bonne cause. Puisqu’elle n’est plus poursuivie par le proprio, la belle maltraitée pense avoir un semblant de liberté.

Le besoin de protection « professionnelle » se fait vite sentir. Et son maquereau Raoul la berce également d’illusion.

Et quand au final, traitée comme une vulgaire machine à sous, elle voudra s’échapper, elle se fera flinguer. Dommage pour un si lumineux « objet de désir ». Et c’est un crime bien inutile, cinématographiquement parlant. Cela n’apporte rien au sujet, cette queue de poisson en forme de thriller.

Entre temps Jean-Luc est en émoi de voir sa protégée ainsi aguicher les autres hommes. C’est l’essentiel, car c’est bien lui Godard, qui est Raoul et tous les clients à la fois. On retrouve ce jeu sexuel chez Fresson dans les-galettes-de-pont-aven. Il y a fort à parier que Godard n’a pas osé essayer en vrai et qu’il se satisfait alors comme il peut sur la toile.

De loin, on dirait presque une fable édifiante.

Le petit père Godard, qui se résout à faire la voix off vers la fin, a toujours été un vieux, et un donneur de leçon. A 32 ans, sa voix est déjà chevrotante, et son propos souffreteux est celui d’un grand père perclus de rhumatisme. Le genre à faire sauter les petites filles sur ses jambes en scrutant leur culotte, tout en se donnant des airs de Moïse insoupçonnable.

Il fait pire encore avec un passage d’échange « intellectuel » au bistrot. Un vrai lieu de philosophie de comptoir. Là c’est en soi franchement indécent. Arrête Godard de te prendre pour un professeur !

Jean Ferrat est là pour nous apporter ce climat d’usine des couches laborieuses, cette caution populacière. Je ne dis pas cela contre le chanteur méritant qui nous a fait quelques chefs d’oeuvres. Non ce qui m’agace c’est ce côté lourdement politique de Godard.

Les trucs de la nouvelle vague.

Godard a des trucs, comme cette musique de Michel Legrand qu’il arrête volontairement juste là où il ne faut pas. Où ces premiers plans où les protagonistes restent de dos.

Il s’efforce à ne pas faire comme les autres, mais son film est furieusement inserré dans les conventions du différent à tout prix de la « modernité », intrinsèquement liées à la nouvelle vague.

  • Il donne même un petit coup de chapeau à Truffaut, de la même tribu, par le biais d’une affiche de Jules et Jim.

Ces méthodes expérimentales ne sont pas toutes à jeter. Il y a quand même quelques bonnes scènes là dedans. Et puis ce proxénète nous livre, pieds et mains liés la belle, Anna Karina. Un régal pour le yeux.

Les relations houleuses et déchirantes de ce couple sont bien connues. On y revient pas. Mais cela confirme que l’exploitation cinématographique de cette femme, est plus qu’une distribution de rôles.

Apprenti Gourou.

Godard veut faire partie des mandarins pachydermes de cette époque, comme Lacan, Jean-Paul Sartre et autres gourous démoniaques. C’est son choix, pas le notre. Il va donc souvent nous emm*** avec ses « thèses » dans ses films. Malheureusement ce n’est pas vraiment un penseur, tout au plus un vulgarisateur. Ce qui ne disculpe en rien ses énormes bourdes, comme le fut par exemple son maoïsme et ses films propagandistes qui l’ont accompagné.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vivre_sa_vie_(film,_1962)

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