Hommes d’honneur. Avis film – Jack Nicholson – code 6 – Résumé (1992) 6.5/10

A Few Good Men

Jusqu’à où peut-on aller pour endurcir les soldats ?

Que faire des éléments les plus récalcitrants, les moins aptes au service ?

Dans ce domaine, on a déjà vu certaines méthodes expéditives.

Par exemple, il y a le cas emblématique du discutable général Patton. Il aurait cherché à régler la question des troubles de stress post-traumatique, auxquels il ne croyait pas, par des claques. Pas question d’échapper au front.

Cet officier supérieur a joué un grand rôle dans la guerre 39-45. Il était contesté par les âmes sensibles, mais parait-il idolâtré par l’immense majorité de ses soldats, et par les décideurs politiques. (Pour les cinéphiles confer le film « Patton »de 1970)

Dans ce registre, mais plus près de chez nous, on peut rajouter les fusillés pour non-combativité de 1916, comme dans le film « les sentiers de la gloire » (1957)

C’est un sujet casse gueule, qui met en balance les dures réalités de la guerre, qui sont toutes des abominations, et les droits humains les plus élémentaires, qui passent généralement au tout dernier plan. Guerre et droit, ne font pas bon ménage.

Dans notre film présentement, ce n’est pas la guerre stricto sensu. Il n’y a pas de bataille. Il s’agit juste de Marines en poste, dans cette petite enclave de Guantánamo. Mais c’est chaud et stressant. Ils doivent faire attention de ne pas se faire tirer dessus, par leurs « miroirs », les Cubains d’en face.

Et comme tout le monde le sait, la discipline des Marines est archi dure (*)

Nous autres, petits franchouillards, ne sommes peut-être pas trop à notre aise, avec ces armées d’occupation, quelle qu’en soit la couleur, et leurs kyrielles de gradés, le doigt sur la couture.

Ce n’est pas non plus notre quotidien, que ces procédures de tribunaux militaires américains.

Il y a donc quelque chose d’a priori difficile à surmonter, pour rentrer dans le sujet.

Mais on y arrive, car il faut bien l’avouer, l’affaire est prenante, les acteurs sont bons et les situations et les arguments juridiques restent crédibles. On ne va pas faire nos chochottes.

On est d’ailleurs bien piégé. Car on peut se taper Wikipédia dans tous les sens 3D de la toile, ce n’est pas une histoire vraie.

La trame ?

Des avocats militaires débutants et atypiques, essayent de mettre à plat une grosse bavure, dite code 6.

Quand un marine a mauvais esprit, tire au flanc, ou ne convient pas, ses camarades de chambrée, lui font une sorte de bizutage, en bien plus méchant. Et il est rare que celui-ci récidive, tellement c’est brutal.

C’est ça le code 6.

Et la hiérarchie favorise cela, bien que cela soit interdit officiellement. Une justification de type « à la guerre comme à la guerre ».


Ce sont représailles « privées », non réglementaires, mais qui correspondent à des rites profondément ancrés, et qui visent à souder les équipes. Les petits gars font eux-même la police. Pas mieux que des kapo ?

Ici , les représailles s’exercent contre un jeune Marine, qui n’a pas trop la vocation, ni l’endurance, ni la santé. De surcroît, suprême affront à l’esprit de corps, il s’est permis de se plaindre en brûlant quelques échelons hiérarchiques. Il a fait le mouchard, en menaçant de balancer ses « frères d’arme » sur un incident de frontière.


Les brimades se terminent en homicide involontaire. Les ordres venaient d’en haut.

Et dès cet instant, le chef de corps, pourtant convaincu qu’il a bien agi, en encourageant ces actions hautement condamnables, fait tout pour maquiller l’affaire.

Trois avocats du contingent, ici Tom Cruise aidé de Demi Moore et Kevin Pollak, sont désignés pour faire cette difficile enquête. Avec relativement peu de succès, compte tenu de l’omerta, des entraves et manipulations de la hiérarchie. Pourtant certains détails importants, ne vont pas leur échapper.

Ils auront la lourde charge de défendre les 2 hommes de troupe, qui ont commis l’irréparable. Compte tenu des caractères en présence, et des obstacles qu’on met en place, ils ont vite l’intuition que les bougres n’ont fait que de suivre les ordres.

Le trio va avancer patiemment dans leur stratégie d’enquête, puis de mises en cause.

Tom Cruise est du genre freestyle, passablement insouciant, et borderline avec le je-m’en-foutisme. Pour dire, grand sportif, il ne réfléchit bien qu’avec une batte de baseball dans les mains.

Pourtant, il réussit à développer une plaidoirie à la fois bien construite, intuitive et réactive. Ce petit blanc-bec, qui n’a en réalité aucune expérience, prend beaucoup de risques. C’est souvent du hors piste. Il y a des hauts et des bas.

En face de lui, il y a le grand Jack Nicholson. Cette icône, incarne le patron de la Base.

C’est un vrai dictateur qui a tout verrouillé, pour tenter étouffer l’affaire. C’est un monument apparemment indestructible, et qui a réussi à soumettre totalement tous ses hommes. Et donc a priori, personne ne mouftera.

Au fond de lui, il est sûr d’avoir fait son devoir. Il parait même satisfait d’avoir sacrifié un homme, sur l’autel de sa mission « supérieure ».

Dans le prétoire, il ruse tout d’abord. Mais il est tellement habité, qu’il prend des risques lui aussi. Tom Cruise, en panne de preuves concrètes, est tenté par le bluff. Il sait que la rigidité de l’officier supérieur, sera à peu près la seule faille. Il faut provoquer l’animal. On est prévenu, et on attend que notre « héros » fasse le job.

Poussé à bout, le haut gradé finira par revendiquer haut et fort, qu’il a exigé le code 6. Il s’emportera face à ces « poules mouillées » « qui n’ont jamais été au feu », qui sont tout ceux qui siègent devant lui, voire le monde entier à part « ses hommes ».

Bon, c’est un procédé rhétorique habituel dans ce genre, qu’est le cinéma juridique. Un scénario qui doit nous mener de facto à des applaudissements intérieurs, voire une larmichette pour les plus sensibles. Mais il faut être honnête, c’est bien ficelé.

En fait, c’est un combat de coqs dotés de cervelle. Ces deux braillards de talent, iront jusqu’au bout sur le ring. Et cela ne peut être qu’un combat à mort.

J’aime bien ce grand damné qu’est Nicholson, mais je n’ai pas trop d’affinité avec l’autre gaillard, l’apôtre branquignol de l’Église de la Scientologie. Pourtant je trouve ce casting judicieux.

Et donc, c’est un film regardable, sous réserve que cela nous fasse réfléchir, et non pas que cela nous incite à nous mettre au garde à vous.

(*) Les Marines pourtant, parait-il, seraient admiratifs des méthodes encore plus musclées qui formeraient nos Légionnaires !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Des_hommes_d%27honneur


Tom Cruise

Demi Moore
Jack Nicholson
Kevin Pollak
Kevin Bacon
J. T. Walsh
Kiefer Sutherland
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