Inquiétante dame en noir. Film Avis – Jack Lemon aime Kim Novak qui aime Richard Quine (1962) 5.5/10 Aperçu

On est prévenu par le titre français ; on vous suggère que c’est elle ! Ce qui titille bien sûr notre réflexe hitchcockien de spectateur averti : ne vous fiez pas aux apparences. On rétablit l’équilbre. Selon les lois sacrées du cinéma, elle ne peut être qu’innocente.

De la graine de bon thriller ? Sans doute au début, mais par la suite ce film ne tient pas la (très longue) distance (2 heures !)

Il y avait pourtant de l’idée, avec ce Jack Lemon qui se précipite tête baissée dans les bras de l’irrésistible Kim Novak ; cette plantureuse Lady cachant peut-être une âme de veuve noire.

Elle nous en fait des sourires attractifs. Elle nous montre qu’elle a plus à nous donner, qu’à nous soutirer. Elle nous oblige, nous aussi, à prendre partie pour elle. Même le chef des services secrets américains, en la personne de Fred Astaire, est totalement conquis. Un gaillard réputé s’y connaître question femmes.

Alors qu’en est-il ? That is the question.

Passé ce jeu mi-coquin mi-prudent entre nos deux sympathiques acteurs, le scénario s’embarque dans une histoire alambiquée. Faute des éléments nécessaires, il est impossible de comprendre l’intrigue pendant un bon moment du film. Le scénario nous fait trop de cachoteries.

Mise en garde ! Ci dessous je révèle l’intrigue !

Donc, très loin dans le long métrage, on apprendra que le mort entrevu au tout début, n’est pas le bon. Le mari n’est pas vraiment mort. En fait lui c’est un escroc, qui a goûté à l’assassinat. Et pendant toute la première partie, il se planque et attend son heure. Il doit récupérer quelque chose, mais on ne le saura qu’encore plus tard.

Il finira par y passer quand même. Et la vraie veuve est retrouvée devant son cadavre avec le flingue à la main. Elle sera forcément sur le grill.

Jack Lemon, sans autre argument que sa passion dévorante, voudra la sauver : pour ainsi dire coupable ou non. C’est curieux l’amour.

Mais il se laisse aussi coincer par une obligation d’espionner cette intrigante blonde, au profit de Scotland Yard. Il s’agit de conforter les bonnes relations de son employeur, l’Ambassade US avec le UK. On aura forcément une prise de tête dans le nouveau couple informel, à ce sujet.

Une voisine voyeuse pourrait la disculper. Mais ce n’est pas si simple en raison d’un chantage capillotracté qui se greffe là dessus. Une histoire de bijoux volés a la mauvaise idée de se rajouter à tout ce fouillis sensé.

Bien entendu tous ces évènements ont pour but de placer toutes les pièces du puzzle. A cette époque on se devait d’être exhaustif et cohérent, même au détriment de la fluidité du récit.

Mais franchement ces couches successives finissent par rendre l’affaire de plus en plus improbable.

Conscient de ce  « bordel », les scénaristes, dont Blake Edwards, tentent de nous amuser par une diversion. A la fin, ils organisent de grotesques poursuites de vieilles dames en chaise roulante. On oblique franchement vers le burlesque du temps du muet. Quelque part on a le sentiment de s’être trompé de film.

Le réalisateur Richard Quine a vécu un moment avec Kim Novak. Il fut également acteur. Il est loin d’avoir fait des films inoubliables, tout au long de sa carrière. Et donc oublions le et oublions ce film. Mais n’enterrons pas Kim Novak, toujours vivante au moment où je termine cette petite analyse.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Inqui%C3%A9tante_Dame_en_noir

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