Toni – film (1935) 4/10 Jean Renoir, un parisien à Martigues

Le titi parisien Jean Renoir se lance dans une pagnolade. Mais à l’inverse de Marcel Pagnol, il le fait sans la moindre étincèle de génie.

Ce qui signifie qu’il se contente de donner dans une sorte d’exotisme provençal convenu, avec la générosité et les drames qui vont généralement avec. Le décor sent la garrigue. L’intrigue se veut à taille humaine.

  • Cela ne doit pas nous étonner. Comme on peut le lire sous la plume de Claude Beylie (L’Avant-Scène Cinéma) ce film est « réalisé avec des acteurs et des techniciens de l’équipe Marcel Pagnol, développé dans son laboratoire de Marseille, et ayant peut-être bénéficié de sa discrète collaboration pour certains dialogues… »

Mais Renoir rajoute l’ouvriérisme international, façon front populaire. C’est sa nouvelle marotte. Les « fils de » veulent se démarquer du père.

Il y a donc plein de braves personnes, le coeur sur la main, qui pratiquent l’entraide autant qu’ils le peuvent. Ils sont juste là pour tenter de s’en sortir. Et ce bon terreau cosmopolite ne redoute pas les amourettes transnationales, comme il se doit. Les gars de tous les pays se donnent la main. Et c’est inévitable, ils vont se mettre à chanter.

Notre réalisateur y va fort avec les accents et autres présupposés du sud. Certains personnages viennent clairement d’Italie, dont Toni, d’autres d’Espagne, sans oublier le midi.

Comme les immigrés parlent souvent leur idiome et qu’ils se débrouillent moyennement en français, on est à la limite de ne pas comprendre ce qu’ils disent. On devine que ces courageux expatriés fuient un de ces deux fascismes. Et bien sûr il ne faut pas oublier les tournures des natifs de la région de Marseille.

Le seul qui ne soit pas dans ce cas, c’est Albert. Il vient de la capitale. Il a des intonations caricaturales, mais à la parigot cette fois.

  • Cette manière forcée de parler fait penser à Jean Renoir lui même, quand il a la mauvaise idée de jouer dans ses films. Le pauvre acteur a du se sentir obligé d’imiter le maître.

Ici si on se fait les beaux yeux, on se marie presque tout de suite. Cette précipitation fait qu’on peut se tromper de personne. C’est le cas ici pour les principaux intéressés. Le gentil passe à côté de la belle Josepha. Il se résigne à en marier une autre. Elle régularise de son côté avec le fameux Albert, un amant pressé qui a pris Toni de court. Et c’est une mauvaise idée. Rapidement l’époux se révèle tyrannique.

La femme finit par tuer Albert le mari violent. On n’est pas loin de la légitime défense. Toni tente de protéger celle qu’il n’a pas eu, en endossant le meurtre. Encore une mauvaise idée, car il finira par se faire tirer dessus.

Ce fait divers dans les couches modestes est très ordinaire et franchement on s’en contrefiche qu’il soit tiré d’une histoire vraie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_(film,_1935)

Dire de ce mauvais mélo que c’est un film précurseur du cinéma néoréaliste italien est une véritable foutaise.

Toni – film (1935) 4/10 Jean Renoir, un parisien à Martigues
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