A l’Est de Shanghaï (1931) 7/10 Hitchcock parlant

Intéressante entrée de plein pied dans le film parlant. Hitchcock a alors 32 ans.

Le titre français de ce film est trompeur.

« Rich and Strange », le titre anglais, est plus adapté.

Que ferions-nous, si nous devions réaliser nos rêves, après avoir reçu une grosse somme d’argent ?

Un couple modeste peut-il survivre à cette tempête ?

Joan Barry incarne une gentille femme ballottée. Elle est bien involontairement prise dans ce tourbillon. La bonne épouse, qui se plaisait plutôt bien dans son petit ménage, va être confrontée à une autre classe d’hommes. Elle est d’un naturel fidèle. Mais chassez ce naturel un peu fabriqué par nos sociétés monogames et ressurgiront des aspirations plus sauvages.

Henry Kendall, le mari, est un jeune monsieur insatisfait de sa vie plan-plan. Il rêve du grand large. C’est un grand naïf qui joue au dur… surtout devant sa femme.

Il cédera facilement aux sollicitations. Il va donc tomber dans les bras d’une fausse princesse, mais vrai escroc ! Ces faux personnages sont récurrents dans de nombreux films d’alors.

Ces velléités adultérines sont plus ou moins assumées des deux côtés. L’un et l’autre tendent à succomber pratiquement au vu et su de tous. Le mystère ne vient pas de ce qui est caché, mais des réactions des protagonistes à ce qui est montré.

A noter qu’en jouant l’adultère des deux côtés, le scénario peut s’affranchir de toutes les postures moralisatrices. La balle au centre.

Ce qui est intéressant, c’est la psychologie quasi expérimentale du sujet. Des cobayes dans le labyrinthe.

On met les protagonistes en vase clos sur un bateau, on glisse l’appât sexuel et on regarde comment se comportent nos spécimens de laboratoire. L’un se laisse tenter progressivement, l’autre court après la tentation le plus vite possible. Et au final, passées ces plaisantes frayeurs, le petit confort bourgeois reprend le dessus.

C’est déjà une belle tranche d’Hitchcock ça ! On sait que sa libido exacerbée par une satisfaction impossible, le titillait passablement. Lui qui rêvait sans guère d’espoirs à ses somptueuses actrices de légende.

Dans ce film, il manque encore les ingrédients indispensables de l’angoisse, de la culpabilité et de la perversité.

L’innocente a encore ici sa chance, elle n’est pas sacrifiée.

Et ici le piège a encore pas mal d’issues.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_l%27est_de_Shangha%C3%AF_(film,_1931)

Henry Kendall
Joan Barry
Percy Marmont

Et moi je vous l’offre colorisé !

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