Avis. Indian Summers. Film série. Henry Lloyd-Hughes, Jemima West, Nikesh Patel – Résumé. (2015) 8/10

Indian Summers (2015-2016)

Une série exemplaire, so british, qui se passe dans le contexte de la colonisation britannique aux Indes, au début des années 30.

C’est une réussite sur tous les plans :

– Des caractères bien délimités, servis par des acteurs de haut vol. Ils sont très authentiques et nous entraînent facilement avec eux.

-Une intrigue soutenue, avec des idées forces et des rebondissements crédibles. Les épisodes s’enchaînent dans un rythme parfait. On attend chaque suite avec impatience. Et comme le scénario est puissant, il laisse des souvenirs nets. Il est donc facile de suivre l’ensemble.

Il y a beaucoup à raconter mais je ne citerai que deux exemples :

– La sœur du héros principal (Jemima West) qui trompe son vilain mari avec un Indien (Nikesh Patel). C’est violent et tendre à la fois. Avec comme point d’orgue, ce révoltant passage où le vilain mari (Blake Ritson) veut corriger sa femme à coups de ceinture, et qu’il est désarçonné par la noblesse soumise de l’épouse. Cela restera gravé dans nos têtes.

– Le héros lui-même (Henry Lloyd-Hughes) est un esprit supérieur, issu du bon milieu. Il côtoie familièrement les sommités qui commandent l’Inde. Habilement conseillé par une femme mûre perspicace et manipulatrice et qui connaît la musique (Julie Walters), il est à deux doigts de prendre le pouvoir…

Il reste attachant cependant.

D’autant plus qu’il joue un jeu dangereux en tentant de protéger discrètement son fils métisse, enfant illégitime et caché.

La prise de vue est magnifique. Une belle musique sert à merveille ce récit rythmé et passionnant.

Rien n’est mièvre, tout fonctionne. On est haletant à la fin de chaque épisode.

Une vision historique fouillée : la dernière période de la colonisation anglaise des Indes. L’apogée et déjà des signes annonciateurs de la fin.

Avec ce paternalisme hautain et déjà un brin désuet. Mais aussi la noble nostalgie des belles manières. Le jeu subtile des conventions, des intégrations et des exclusions.

Avec cette violence radicale au service de l’ordre colonial. Avec le terrorisme aveugle au profit des « libérateurs ».

Et ces « indigènes » instruits dans la culture britannique et qui sont entrés dans la « collaboration » en participant à l’administration. Mais ceux-là n’auront jamais accès aux vrais responsabilités. Malgré les promesses des puissants, rien ne pourra rompre les barrières de la race et du sexe.

Sentant bien les limites de l’exercice, ils sont écartelés entre les diverses cultures et leurs différentes exigences. D’un côté le progrès et la soumission à cette société coloniale très hiérarchisée. D’un autre côté leurs traditions ancestrales et le devoir de liberté, d’insubordination.

On apprend vraiment quelque chose avec ce genre de série.

C’est l’esprit et le talent britannique dans ce qu’il a de mieux à nous offrir.

Comme ils s’illustrent avec d’autres brillantes séries, comme Sherlock avec Benedict Cumberbatch.

Mais malheureusement cette série de haut vol n’a pas connu le succès nécessaire. Et ce bel oiseau coûteux a disparu en plein vol. A jamais ne subsisteront que 2 saisons sur les 5 prévus et nous n’en connaîtrons jamais la fin.

Ainsi va la vie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Indian_Summers

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