Gone baby gone – Film Avis. Michelle Monaghan, Morgan Freeman, Ed Harris – Résumé. (2007) 6/10

Le thriller bien classique, basé sur de émotions simples : la violence extrême, la pédophilie sadique, le danger, la traque, l’amour maternel et son contraire, les tensions du couple, la trahison, la vengeance, la déchéance, la rédemption, la catharsis… si tout se passe bien… et j’en oublie.

L’histoire présente de sérieux déséquilibres structurels. Mais il aurait été difficile de faire autrement, car il fallait ménager un double rebondissement final aussi compliqué qu’improbable.

Un toute petite fille a été enlevée. Et donc on nous gratifie de toutes les pistes atroces habituelles. D’entrée de jeu, ce sont des frissons à bon compte (cheap thrills).

Un jeune couple, qui fait de la recherche de personne, est sollicité par la famille, pour appuyer les investigations officielles. En réalité, ils sont inexpérimentés. Leurs recherches, jusque là, se résumaient à pister des mauvais payeurs. Rien à voir.

Mais l’enquêteur amateur, incarné par Casey Affleck, outre son physique de jeune premier, a un atout dans son jeu. Il est du coin. Il a eu l’occasion de fréquenter pas mal de monde, y compris des personnages peu recommandables. Ils vont pouvoir fouiller au bon endroit. Les flics eux ne sont pas spécialement enchantés d’avoir ces apprentis sur le dos.

Et bien entendu, comme dans tous ces longs-métrages racoleurs, ces débutants feront mieux que les professionnels. Et comme ce sont des graines de héros, ils seront sains et saufs à la fin. C’est toujours comme cela dans le main stream.

Rapidement se dessine une piste liée au fait que la mère de la petite est impliquée comme mule dans le trafic de drogue. Elle a escamoté 170.000 dollars. Il pourrait donc s’agir d’un chantage pour récupérer ces fonds.

Un torturé à mort qui n’a pas parlé nous donne l’occasion d’une explosion de ketchup et toutes les lacérations possibles. On ne fait pas dans la finesse, mais dans le coup de poing dans le ventre du spectateur. Certains marcheront encore.

Il n’y a plus qu’à caser le portrait habituel d’un gros dealer violent, potentiellement kidnappeur, mais qui aurait peut être une parole. Un jeune noir à gourmette, qui est pile poil comme on se le représente. Cela ne doit pas être facile d’être si détectable dans la vraie vie.

Le mauvais garçon ne souffre pas la contradiction. Il sort son flingue étincelant pour un oui ou pour un non et tout le tralala. Lui veut son argent, mais affirme ne pas séquestrer la petite. Dans ce monde conventionnel de cinéma, avec ce jeu de rôle, on est prêt à le croire.

Cependant, bizarrement, ce caïd change de position. Il propose un échange dans un endroit escarpé au dessus d’un lac artificiel. L’affaire se passe mal. Et la fillette est donnée pour noyée. On ne la retrouvera pas. Tout semble se figer à ce moment.

Pourtant, à ce moment, pas un habitué des salles obscures ne peut croire que la gamine est vraiment perdue. Un corps qui n’est pas localisable dans un endroit si clairement circonscrit, ce n’est pas possible. Pas facile de faire des pirouettes pareilles quand on envisage une fin très spéciale.

J’arrête le teasing car le film n’en vaut pas la peine. Autant tout vous dire pour vous épargner de voir ce machin jusqu’au bout.

Les flics sont des ripoux. En particulier celui interprété par Ed Harris. Ils se sont arrangés avec le chef des bandits pour simuler ce deal au lac. Lui récupérerait ses dollars. Ils ont feint que la gamine tombe avec sa poupée. Et ils ont supprimé le bandit quand même. Mais, tenez vous bien, l’enjeu était de voler la gamine pour l’offrir au vieux Morgan Freeman, le chef policier,. Il était en manque d’enfant, vu que le sien a été tué par d’autres méchants et considérant qu’il était mieux là, qu’avec une mère qui se droguait.

Et bien entendu le jeune enquêteur indépendant découvre tout cela à lui tout seul. C’est le lassant « seul contre tous » du ciné US.

Il a des états d’âmes. Voler un enfant, ce n’est pas bien quand même ! Sa jeune compagne, jouée par Michelle Monaghan, pense le contraire et le menace de le quitter s’il ne laisse pas les choses en l’état. Corneille aurait été content de ce dilemme.

Il restitue la gamine. Sa nana se barre comme prévu. Il se retrouve à faire baby-sitter, pendant que la mauvaise mère va en goguette.

Oui c’est très bête. Je vous l’accorde volontiers.

C’est le frère du héros, Ben Affleck, cet acteur de talent, qui a commis cette réalisation. Ce n’est pas si mauvais en soi. Par contre c’est affligeant de conformisme et basé sur un scénario médiocre. Donc, cela ne le fait pas.

Les acteurs principaux, Michelle Monaghan, Morgan Freeman, Ed Harris, semblent avoir tellement roulé leur bosse, qu’on a l’impression de les avoir vus partout et dans toutes les situations possibles. Sans doute jouent-ils trop et parfois n’importe quoi.

Ce sont comme de vieux amis, pas si proches que cela, et dont on redoute qu’ils viennent à nouveau sonner à notre porte. Et pour Casey Affleck, c’est en train de devenir la même chose.

Les critiques, qui aiment bien que les acteurs passent derrière la caméra et qui fonctionnent par références, sont conquis par ce film hautement prédictible, une sorte de concours à figures imposées. Ils n’ont pas trop à réfléchir pour pondre un texte là dessus, car c’est toujours le même en réalité. Le déjà vu ne les effraie pas. De plus ils sont tétanisés quand on agite devant leur nez, l’alibi de la critique sociale. On n’attaque pas ceux qui s’attaquent au mal… ou font semblant.

Le public est plus mitigé. Mais comme Hollywood sait très bien vendre ses nanars, grâce aux têtes d’affiche et aux promesses de grosses claques pulsionnelles, le film s’en sortira à peu près au box office (presque la doublette).

A quoi sert donc ce cinéma ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gone_Baby_Gone_(film)


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