Le Dernier Nabab (1976) 6/10

The last Tycoon

Encore un remake cinématographique du livre de Scott Fitzgerald !

Le dernier film d’Elia Kazan.

Tout le début du film est un exposé sur les coulisses du cinéma lui-même. Cela démarre d’ailleurs sur du noir et blanc plein écran. Une projection technique de rushes.

Le déshabillage de cet art par ceux qui le font. C’est un peu truffaldien (La nuit américaine) et un peu felliniesque, et par le sujet (8 1/2) et par certaines scènes (la tête géante échappée du décor et qui vogue sur l’eau).

On y croise Tony Curtis en acteur à bout de nerf. On voit Jeanne Moreau en « vedette américaine » trop perfectionniste.

Il y aussi, des scénaristes aux abois, des financiers qui doutent, tout un monde qui s’agite etc. Le puissant Robert Mitchum trace son grand sillon. Nicholson en écrivain madré, donne le coup de poing décisif. Un petit second rôle pour celui qui aurait du être le Nabab…

Et bien sûr au dessus de tout cela, le jeune De Niro en producteur vedette, le Tycoon. Il coordonne comme il peut et subit toutes les pressions.

Le cinéma, c’est déjà un sujet en soi. Et comme d’emblée cela prend toute la place, on croit que cela va être l’essentiel du film.

Mais il n’en est rien.

Il y a au centre, l’amour coup de foudre. Et cela mange tout. L’amour incandescent derrière lequel rien ne repousse.

De Niro tombe « raide dingue » amoureux d’une petite déesse silencieuse, Ingrid Boulting, de ce qui serait une copie de sa défunte femme. Mais ce dernier « détail » n’a pas tant d’importance que cela.

Les femmes phares de maintenant sont plus complexes et plus intéressantes que cela.

Mais il faut reconnaître du charme à cette beauté évanescente et qui devient femme fatale malgré elle.

Il est totalement fasciné, amoureux fou d’une image, « Love at first sight ». Et plus il parvient à la fréquenter, plus il l’adore. Il n’a de cesse de la conquérir totalement, de la faire sienne. Il y a le petit jeu subtil de l’amour et du hasard, des avancées, des reculs, des points morts. C’est bien mené.

Et il faut dire que nous les hommes, ont est 100 % avec lui. Au fond, on s’en fiche que cette princesse puisse avoir un empêchement, un secret. Nous aussi, on prend cela au deuxième degré, comme si ces réticences n’étaient qu’une pudeur féminine.

Elle c’est La Femme, un point c’est tout, qu’importe les détails. Éternelle déclinaison de l’amour aveugle ?

Puis les portes du Paradis se referment. Les ennuis arrivent en escadrille.

Il n’y a pas d’amour heureux ?

Au total, il y a de beaux moments, des baisers et des étreintes de cinéma de tout premier plan.
Mais le film paraît déséquilibré. Quelque chose cloche. Un « je ne sais quoi », comme disent les Américains.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Nabab_(film)


Robert De Niro

Tony Curtis
Robert Mitchum
Jack Nicholson
Jeanne Moreau
Le Dernier Nabab (1976) 6/10
Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire