Les Chemins de la haute ville (1959) 7/10 Simone Signoret

(Room at the Top)

Bon, mais pas si remarquable qu’on l’a pensé à l’époque.

C’est un film britannique, en noir et blanc.

D’ailleurs, on se rend vite compte que ce n’est pas du cinéma américain. Il y a peu de plans larges. Le réalisateur préfère des plans très rapprochés où les personnages occupent presque tout l’écran. Chercher à exposer la vérité toute nue des visages, c’est très européen cela. Voire néo-réaliste.

Laurence Harvey incarne un beau gars, sympathique et raisonnablement arriviste. Son but, c’est de s’en sortir. Il vise la symbolique ville haute, là où réside les riches. Il est déterminé, mais il veut agir finement. Il n’est pas dépourvu de scrupules.

Les femmes peuvent l’aider dans son ascension.

La plus jeune qui est dans sa ligne de mire, est la fille d’un homme d’affaire puissant. Elle est incarnée par la menue Heather Sears. Elle s’éprend de lui. Le redoutable séducteur est sensible à son charme. Il apprécie son ingénuité, sa fraîcheur mais aussi et surtout le tremplin qu’elle constitue.

Mais la famille huppée de la gosse, le voit venir avec ses gros sabots. Elle s’oppose par tous les moyens à cette union mal assortie socialement : humiliation du prétendant, qui ne connaît pas les codes et n’a pas les relations de la « haute ». Menaces d’entraves à sa carrière. Tentatives de l’acheter…

Cela ne décourage pas le beau mâle. Il finit par coucher avec elle. Et il aime cela.

Entre temps, intervient une femme mûre et mariée. C’est Simone Signoret. Et en effet elle n’est plus toute jeune d’apparence.

Bien qu’en réalité l’actrice n’ait que 38 ans ! On vieillissait vite et mal à l’époque.

Il a un véritable béguin pour elle. Cette aventure se transforme en amour. C’est la dernière chance, pour cette femme désabusée. Il lui promet rapidement de rester pour toujours avec elle. Au début, elle n’y croit qu’à moitié.

Le mari de la Simone n’a aucune envie de divorcer et fait pression lui aussi sur l’amant.

Mais voilà que la plus jeune tombe enceinte. Devant le fait accompli, le père révise sa position. Il négocie pour qu’il y ait une régularisation par le mariage.

Le héros est partagé entre, d’un côté l’amour pour la « vieille » avec la fidélité à ses engagement, et de l’autre côté, ses objectifs, son besoin de respectabilité et une certaine attirance pour la gamine.

De plus, en choisissant la deuxième solution, les obstacles accumulés disparaissent.

Il va exposer cela à la Signoret. Il se veut direct et pragmatique. Il lui explique bien, qu’il part pour toujours. La « vieille » accuse le coup. Chacun part de son côté. Elle va se saouler. S’en suit un accident de voiture où elle meure. Coup du sort ? Suicide ?

Il se sent coupable.

S’en suit quand même quelques tracas et bagarres, pour le prétendant. La rossée de la justice immanente ? Puis le spectacle se termine par un douloureux mariage.

Pour ce film Simone Signoret aura l’Oscar de la meilleure actrice. Ce qui n’est pas de la gnognotte. Mais aussi le prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes.
On aimait alors ces destins tragiques et ces belles figures dans la tempête. Il y a en effet quelque chose d’assez intemporel et de grand dans son jeu. Mais je lui trouve une certaine lourdeur dans ce rôle. Je ne crois qu’à moitié à l’attirance qu’elle est supposée susciter auprès du jeune premier. Il manque quelque chose à mon goût.

Personnellement je trouve que l’acteur lituanien Laurence Harvey est très bon. Il a d’ailleurs été nommé pour l’Oscar du meilleur acteur… mais il ne l’a pas eu.

Le réalisateur a gagné l’Oscar du meilleur scénario adapté. Je ne suis pas si sûr que cette histoire si classiquement mélodramatique et conflictuelle, soit si remarquable que cela. Mais bon, c’était ce qui plaisait à l’époque.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chemins_de_la_haute_ville

Les Chemins de la haute ville (1959) 7/10 Simone Signoret
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