Mystérieuse enfant au collier de Ba’ja. Avis documentaire, vulgarisation.

Les trésors d’un village néolithique jordanien

Les reportages archéologiques sont désormais filmés et scénarisés. Il s’agit d’instruire le peuple mais aussi de trouver des moyens de rentrer dans ses fonds. D’abord par ce que rapporte la commercialisation du documentaire. Mais aussi en montrant aux bailleurs institutionnels la pertinence de ses recherches. Ce « concret » permet d’ouvrir plus facilement les cordons de la bourse.

Le nouveau mode de recherche tend à associer les savants locaux et les équipes étrangères. Tout se fait dans le respect et l’esprit de collaboration. Les enjeux sont clairs et le matériel issu des fouilles appartient au pays d’origine. Fini ce malsain pillage organisé ou même désorganisé.

Ce côté rabatteur est visible dès le titre, qui associe « mystère » « collier » et « trésors ».

Mais le déroulé, qui ménage le suspense, montre qu’on a affaire à des professionnels de l’image.

En fait, tout le monde est content.

Les scientifiques avancent dans le chemin de la connaissance, grâce à ces fouilles. L’archéologie c’est du solide, pas des divagations de certaines « sciences » humaines. A partir de la fin de la dernière glaciations (12.000 ans) la faune, la flore et l’humanité se réveillent. Quel bonheur d’approcher ce moment de grâce !

Le grand public n’a pas trop de mal à entrer dans l’histoire. Il peut même se passionner pour ses ancêtres d’il y a 9000 ans. Comment ne pas s’émouvoir le sort d’un des premiers grands villages de la Terre où il a fallu solutionner tant des problèmes qui n’avaient jamais été envisagés jusque là.

Déjà ce fut l’apprentissage de la promiscuité. Et Ba’ja aurait survécu à cela au moins 500 ans sans traces de violence ni évidences de structures hiérarchiques.

On y note des cérémonials funèbres avec ces enfants enterrés avec soin et respect, sous le sol de ces toutes petites pièces. Le récit ne nous donne pas les clefs de tels évènements.

On n’en sait pas plus sur l’habitabilité de l’ensemble. On nous dit juste qu’ils auraient plutôt vécu sur les toits.

Les bijoux néolithiques demandent un savoir notable. Un archéologue expérimentateur nous en fait la brillante leçon. Il nous montre même des trucs pour aller plus vite, comme avec ce polissage en une fois de multiples « perles », lorsqu’elles sont enfilées sur un axe. Il vaut mieux quand on se permet d’enfuir un collier de

Les bijoux néolithiques demandent un savoir notable. Un archéologue expérimentateur nous en fait la brillante leçon. Il nous montre même des trucs pour aller plus vite, comme avec ce polissage en une fois de multiples « perles », lorsqu’elles sont enfilées sur un axe. Il vaut mieux quand on se permet d’enfuir un collier de

Les bijoux néolithiques demandent un savoir notable. Un archéologue expérimentateur nous en fait la brillante leçon. Il nous montre même des trucs pour aller plus vite, comme avec ce polissage en une fois de multiples « perles », lorsqu’elles sont enfilées en brochettes sur un seul axe. Il vaut mieux quand on se permet d’enfuir à jamais un collier de 2 600 perles, comme ici.

  • On sent là le frisson de l’invention qui a du parcourir l’heureux découvreur du procédé jadis. L’homme n’a pas changé et n’était pas du tout dans cette stupide configuration décroissante qu’on voudrait parfois nous imposer.

Le chef des fouilles rajoute qu’il existait même déjà des faussaires dans des endroits ou les matériaux nobles n’étaient pas toujours disponibles. On prenait du tout venant, plus facile à travailler, et on le peignait dans la couleur du bon caillou.

Des coquillages sculptés démontrent qu’il s’agissait d’une société qui échangeait bien au-delà de son périmètre. La mer est très éloignée.

Il y a indiscutablement un sens de l’esthétique et de l’abstraction dans les méticuleux travaux techniques de nos prédécesseurs. Une sorte d’alliance du beau et de l’utile dans une synthèse du rare et du cher. Il faudra encore beaucoup se creuser la tête pour évaluer la part respective de ces entités là.

Économiquement on semble être dans un système évolué. Avec d’ex-chasseurs-cueilleurs contents de leur nouveau sort de paysans prospères. Une agriculture et un élevage qui leur assuraient plus que la suffisance. Ils ne sont jamais revenu à leur nomadisme initial.

Avec la sédentarisation, ils ont pu se diversifier, se spécialiser, créer de l’art et/ou des valeurs d’échange, avoir bien plus d’enfants (le double ici)

La place particulière de ces enfants mériterait des développements et des comparatifs avec d’autres micro-sociétés. On reste sur sa faim.

Le chef des fouilles Hans-Georg Gebel est allemand, même si sur la photo suivante cela ne se voit pas trop :

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