The Dark Valley – Avis. Andreas Prochaska, Sam Riley, Paula Beer 6.5/10

De nombreux spectateurs sortiront satisfaits de ce film de 2014, réalisé par l’Autrichien Andreas Prochaska.

D’abord parce que ce thriller western-like se passe en fait dans les Alpes, sans doute à la fin du 19ème siècle. Et cela, c’est original et assez bien traité. On apprend qu’en Europe aussi, dans des vallées reculées, pouvait régner un ordre malsain et sauvage. C’est une film allemand et donc, selon le cliché sur l’efficacité de ce peuple, tout s’enchaîne avec logique. On va de surprise en surprise, selon un rythme assez bien étudié. Les acteurs sont convaincants pour la plupart.

  • A part cette déferlante d’Allemands, il y a bien un Américain dans le scénario, mais c’est un parachuté. Pourquoi est-il là ? ça c’est l’élément au centre de l’histoire. Inutile de vous le révéler.

Les spectateurs sont légitimement indignés en voyant les exactions d’un clan tyrannique et criminel – les Brenner – qui a asservi le village. Le droit de cuissage et le viol organisé, c’est mal.

Du coup, ceux qui regardent ce spectacle, ont un sentiment de fierté et d’identification, surtout lorsqu’ils voient cette sorte de lonesome cowboy qui se charge de régler si courageusement et si méticuleusement cette affaire, malgré toutes les embûches. Celui qui est incarné par l’Anglais Sam Riley est bien entendu seul contre tous, selon la recette de cinéma si habituelle. Quelle abnégation !

C’est servi comme un plat bien connu qui se mange froid. Il a tout prévu. Il arrive par son argent et l’alibi de faire des photos à circonscrire le « on ne veut pas d’étrangers fouineurs chez nous »

Et au final, ceux qui ont payé leur billet (ou ceux qui regardent la télé) pensent que justice est faite, puisque les méchants ont été éliminés et que la bourgade est libérée. La belle Paula Beer pourra offrir sa virginité à son légitime époux. Alléluia !

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Le problème c’est que ce n’est pas de la justice, mais de la classique vengeance et un règlement de compte.

La vraie justice est là pour dépassionner le débat et pour confier à des tiers non impliqués le soin de décider de la culpabilité et de la peine. Ici, comme dans la plupart des westerns, il n’y a rien de tout cela. Bien au contraire. C’est d’ailleurs fait pour.

Le western est un exercice cathartique anti-frustration. Le déchaînement de violence à l’écran est en phase avec l’impatience du justiciable tout venant, qui en a marre que celui qui a causé du tort éternise les débats et risque d’échapper au châtiment par une défense faussée et habile.

  • Même de nos jours, la victime et les familles voudraient une solution expéditive, avec si possible un maximum de souffrance pour le méchant. Œil pour œil, dent pour dent, avec les intérêts.
  • Aux USA, on a la justice mais aussi la possibilité d’assouvir les haines ordinaires. Ainsi les parents de victimes peuvent se « délecter » de voir le criminel griller à la chaise électrique. C’est prévu pour.

Et le plus fort dans tout cela, c’est qu’on est irrésistiblement entraîné dans ce circuit de haine. Et comme il y a une chasse aux criminels, nos vieux instincts ressurgissent. Tout comme la meute, on réclame rapidement du sang et de la souffrance, et on se réjouit de tous ces morts en cascade. Les clous dans les yeux ? C’est bien. Le tir au « gros gibier ». C’est pas mal non plus, d’autant qu’ils crient les bonshommes blessés. Çà excite bien ! Et puis il y a un soupçon de mansuétude, pour une vieille, avant de revenir à la charge.

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La fin est très classique avec son crescendo de violence et ces rebondissements faciles. Il y en huit à tuer, cela permet de faire du suspense. Et quand on croit qu’enfin le gentil va y passer quand même. Un bon gars du village qui s’est rallié à sa cause le sauve. Pas question dans ce genre de supprimer un si bon héros.

A noter un bémol scénaristique bien envoyé. Comme en réalité, vu les crimes sexuels, presque tous les gens du village sont de la même famille, même délivrés du mal, les autochtones sont contrariés. Et puis les femmes sont plutôt seules à présent, après cette hécatombe.

Donc l’efficace cowboy, lui aussi parent du clan élargi, est prié de plier bagage.

Ce qui donne l’image de fin, on ne peut plus conventionnelle, du cowboy solitaire qui repart aux beaux jours sur son cheval.

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Dark_Valley

The Dark Valley – Avis. Andreas Prochaska, Sam Riley, Paula Beer 6.5/10
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