Automobile sous le socialisme – Liberté à 4 roues. Avis documentaire 7/10

Attention ! Ce n’est pas un catalogue exhaustif de la production des pays de l’autre côté du rideau de fer. Il manque un tas de modèles.

C’est plutôt une rêverie, un vagabondage nostalgique entre plusieurs autos basiques du bloc communiste. On pourrait les dire accessibles, car c’est le plus bas de gamme. Mais il faut rappeler que cela ne l’était pas tant que cela, car il fallait attendre une dizaine d’années pour espérer en posséder une alors.

  • Ce qui déchaîna l’hilarité de Reagan avec sa fameuse blague (*) : « un citoyen soviétique veut commander une voiture. Un responsable de l’entreprise automobile lui répond qu’il faut économiser l’argent et le ramener dans 10 ans. Dix ans après, il dépose l’argent. On lui dit alors que la voiture sera disponible 10 ans après. Le client demande alors : elle sera livrée le matin ou l’après-midi ? Le préposé s’étonne, mais qu’est-ce que cela peut faire ? Le client lui répond, mais c’est que le matin ce ne sera pas possible car il y a le plombier qui vient »

L’attachement à ces véhicules n’a rien à voir avec les regrets quant au système soviétique. Il y a bien sûr la nostalgie classique pour ses souvenirs d’enfance. Et pour ceux qui les ont convoitées alors, c’est plutôt qu’ils ont apprécié ce qui est devenu, à force d’espérances, une sorte de rêve. Et ce sentiment semble d’autant plus fort qu’on a un mal fou à se les procurer. Il y a même une distinction sociale cachée entre ceux qui y arrivent et les autres. Sans compter les trafics.

Une composante inattendue se trouve dans les liens amicaux et familiaux. Telle voiture sera transmise en héritage à celui qui la mérite le plus et qui l’aime le plus ; comme si ce tas de tôle arthrosique et cacochyme était un vieux membre de la famille. Et même si une voiture si peu fiable est un cadeau très relatif, la transmission honorifique perpétuera la mémoire du défunt. Ce qui est l’essentiel. C’est plus visible et plus visité qu’une tombe. Et finalement plus sympathique.

Peu importe la faiblesse de la production, la mauvaise qualité des assemblages, le manque de puissance, les pannes incessantes, la pollution redoutable, en particulier pour les voitures 2 temps qui pulvérisaient de l’huile dans l’atmosphère.

On a ce « revival » chez nous aussi pour quelques modèles grand public de la même époque. Il y a également eu des pénuries juste après-guerre. Et par la suite, un distinguo se faisant selon les modèles. Cela n’avait pas la même signification de rouler en DS ou en 404. Et les tous premiers prix de type 4ch étaient les premiers pas vers la liberté pour la jeunesse. Ceci compte beaucoup et marque pour la vie.

Le reportage germano-bulgare de 2019 est influencé par les collectionneurs de ces deux pays, ce qui donne un ton particulier et des anecdotes inhabituelles. Comme cet homme riche qui a fait de sa Zaporojets minimaliste, une voiture de très grand luxe. Il parade désormais dans les rues de sa ville. Ce faisant, il est parfaitement dans l’esprit libertaire auto. Celui qu’on cherche actuellement à combattre par tous les moyens.

On circule dans plusieurs pays. Avec la Trabant ou la Wartburg en RDA, la Moskovitch en Bulgarie et Zaporojets un peu partout, les Skoda en Tchécoslovaquie. Quelques points qui nous étaient inconnus sont révélés. Comme ces milliers voitures abandonnées à la frontière lors de la reprise en main russe en 1968 à Prague. Il y a même eu des Skoda qui ont gagné des rallyes internationaux comme le montre le détour par le Danemark.

https://www.arte.tv/fr/videos/088007-000-A/l-automobile-sous-le-socialisme/

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