Avis critique. Tour du monde en 80 jours.1956. David Niven, Cantinflas, Shirley MacLaine. 6/10

Inutile de revenir sur cette histoire de Jules Verne, vous la connaissez tous. C’est un scénario prenant, plein de rebondissements. Son fameux rebondissement final, montre un grand sens de l’exploitation de la cartographie. Notre ami Jules a du d’ailleurs partir de là pour bâtir son roman et tout reconstruire à l’envers.

Le film est bourré de clichés.

  • On note tout d’abord les a priori coloniaux qui avaient cours dans les années 1870 (1872), dont la supposée immaturité des peuples indigènes, leur côté obscurantiste et superstitieux, surtout face aux progrès technologiques, la grandeur d’âme de l’aide des pays nantis blancs, l’idée que l’on se faisait de la chasse aux grands fauves…
  • Et bien entendu le blanc séduit la belle princesse exotique au premier regard. C’est l’a priori colonial le plus attirant pour le spectateur européen. Il a même déterminé des engagements et des vocations.
  • A ceci se rajoute ces caricatures concernant les britanniques, leur rouerie (perfide Albion) et leur flegme. Rabâchages qui avaient toujours cours jusqu’à peu (cf clichés sur les pays dans L’Auberge espagnole de 2002)
  • Les autres pays ne sont d’ailleurs pas épargnés : Français volages avec Charles Boyer, latins pire encore avec des Espagnols Olé olé et un Cantinflas mexicain qui ne vaut pas mieux. Américains du far-West plus comiques que dans les comics, avec l’inévitable attaque d’Indiens très sauvages…
  • Et une ultime couche que l’on doit aux années 1950 (1956) où l’on voyait la femme très infériorisée et qui continuait à récapituler les âneries des années et siècles précédents.
  • Ça fait beaucoup !

Le film est chatoyant, technicolor, vivant et grand format. Il nous fait visiter du (des) pays dans un esprit d’aventure à la Tintin, sans trop se préoccuper de profonde vraisemblance. Tout ce qu’on aimait après guerre. Pas étonnant qu’il ait eu plusieurs Oscars, dont celui de meilleur film pour le réalisateur Michael Todd.

David Niven nous fait fait bien cet anti-héros cérébral, le très anglais Phileas Fogg. Cantinflas est son valet Passepartout. Ce quasi inconnu est très habile dans ses numéros et aurait davantage mérité de sortir du lot, par une carrière plus éclatante. Shirley MacLaine donne difficilement le change en fausse indienne peinturlurée. Mais c’était la mode à cette époque de grimer des vedettes blanches, comme si les autochtones ne faisaient forcément pas l’affaire. Confer Debra Paget dans Le Tigre du Bengale de 1959.

A noter que la distribution est aussi chargée qu’un arbre de Noël de compétition. Plusieurs vedettes de grand renom, font de courtes apparitions. Ce qui n’apporte en soi pas grand-chose, mais permet de gonfler l’affiche.

Je n’en cite que quelques uns :

Charles Boyer, John Carradine, Marlène Dietrich, Trevor Howard, Noël Coward, John Gielgud, Peter Lorre, Robert Morley, Martine Carol, Fernandel, Buster Keaton, Frank Sinatra, Finlay Currie, …

Luis Miguel Dominguín est lui un vrai matador. Et José Greco, un vrai danseur de flamenco.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tour_du_monde_en_quatre-vingts_jours_(film,_1956)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tour_du_monde_en_quatre-vingts_jours

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Auberge_espagnole

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cantinflas

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tigre_du_Bengale_(film,_1959)

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