Avis. Saturn Gnosis Albin Grau Pacitius. Origine du monde. Culianu, Timée, Critias, Parménide

Préambule les liens grand public (wikipédia) ont été rajoutés par Libre Critique.

Pr Kemerhisar : Il s’agit d’un très bon grimoire (Initiation numérologie planante ? Albin Grau Pacitius – Ljharzik Malkhout Eckartshausen – Point G mathématique de la Gnose.)

Une portion substantielle est clairement en rapport avec une explication (transmise à partir d’un nombre indéterminé d’intermédiaires et interprètes au cours des siècles), du Timée_(Platon), autant pour la référence aux Atlantes développé plus amplement dans le Critias, que dans la construction mathématico-géométrique de l’univers par le Démiurge, puis des créatures mortelles par les enfants immortels du Démiurge, les jeunes dieux.

On trouverait aussi de plus amples développements sur la nature du temps dans le Parménide, que je n’ai pas encore lu. Le texte est extrêmement dense et riche, appelant naturellement l’interprétation.

A titre d’exemple, voici ce qu’il nous dit du temps:

« Or quand le père qui l’avait engendré constata que ce monde, qui est une représentation des dieux éternels, avait reçu le mouvement et qu’il était vivant, ce Monde, image née des Dieux éternels, il se réjouit et, dans sa joie, il réfléchit aux moyens de le rendre plus semblable encore à son modèle. Et de même que ce modèle se trouve être un Vivant éternel, il s’efforça, dans la mesure de son pouvoir, de rendre éternel ce tout lui-même également. Or, c’est la substance du Vivant-modèle qui se trouvait être éternelle, nous l’avons vu, et cette éternité, l’adapter entièrement à un Monde engendré, c’était impossible. C’est pourquoi son auteur s’est préoccupé de fabriquer une certaine imitation mobile de l’éternité et, tout en organisant le Ciel, il a fait, de l’éternité immobile et une, cette image éternelle qui progresse suivant la loi des Nombres, cette chose que nous appelons le Temps. En effet, les jours et les nuits, les mois et les saisons n’existaient point avant la naissance du Ciel, mais leur naissance a été ménagée, en même temps que le Ciel a été construit. Car tout cela, ce sont des divisions du Temps: le passé et le futur sont des espèces engendrées du Temps, et lorsque nous les appliquons hors de propos à la substance éternelle, c’est que nous en ignorons la nature. Car nous disons de cette substance qu’elle était, qu’elle est et qu’elle sera. Or, en vérité, l’expression est ne s’applique qu’à la substance éternelle. Au contraire, était, sera sont des termes qu’il convient de réserver à ce qui naît et progresse dans le Temps. Car ce ne sont que des changements. Mais ce qui est toujours immuable et inchangé cela ne devient ni plus vieux, ni plus jeune, avec le temps, et oncques cela ne fut, ni ne devient actuellement, ni ne sera dans le Futur. Bien au contraire, une telle réalité ne comporte aucun des accidents que le devenir implique pour les termes qui se meuvent dans l’ordre sensible, mais ces accidents sont des variétés du Temps, lequel imite l’éternité et se déroule en cercle suivant le Nombre »

On peut comprendre que le Temps n’est pas pertinent lorsqu’on traite la substance d’un Éternel.

Ailleurs il nous est expliqué que l’Âme est éternelle (et enchaînée à la matière, stimulée au point d’en devenir folle – folie qui doit être tempérée par le régime et la maîtrise du comportement-trajectoire).

Le non-temps serait-il accessible, par consubstantialité, à l’Âme ?

Un qui avait commencé à défricher ce champ fertile, et brillamment d’ailleurs, c’est l’auteur des « Gnoses dualistes d’Occident », Ioan_Petru_Culianu alias Ioan P. Couliano, auteur aussi du plus mesuré « Eros and Magic in the Renaissance ». Hélas il a été assassiné trop tôt (dans les chiottes mêmes de Divinity College, ce qui constitue un record pour un Historien des Religions), l’enquête a évoqué un coup de la Securitate (donc c’était certainement pas eux), et à mon avis les raisons sont autres (il nous a laissé de très beaux poèmes sur sa petite amie et néanmoins étudiante dont il était très très amoureux, mais il a eu peut-etre eu tort d’insister sur son aspect « fée verte »: aurait-il été tenté de la cafter?)

PS1: somme toute, vu le type physique décrit dans le grimoire, Nosferatu était bien un Atlante ?  (liens intéressants à faire avec « la race qui vient »… ouvrage reçu, dans ma liste de lecture)

PS2: Une approche intéressante – fondée sur du solide- sur la religion des puissants à partir de la Renaissance (et son éventuelle composante de lucifériatrie) pourrait être évoquée par l’engouement singulier du vieux Cosme_de_Médicis envers les enseignements de Gémiste_Pléthon (néoplatonisme et zoroastrisme), et l’emploi du jeune Marsile_Ficin à toutes fins de traduction (y compris le Pimadre); on apprend aussi qu’il y avait à Florence une communauté tout à fait substantielle de bougres de dualistes, bon nombre sont partis en fumée lors des revers de fortune du pouvoir des Médicis.

https://www.linkedin.com/pulse/unsolved-execution-ioan-couliano-gnostic-magician-martyr-james-west

https://www.chicagomaroon.com/2016/05/13/25-years-later-assassinated-professor-remembered/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Timée_(Platon)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantes_(peuple)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Critias

https://fr.wikipedia.org/wiki/Démiurge

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parménide

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marsile_Ficin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosme_de_Médicis

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gémiste_Pléthon

https://en.wikipedia.org/wiki/Ioan_Petru_Culianu

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