Indices. Affaire Priscillia Ciatti – Leroux. Érotomanie. Démon masqué. 7/10

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Pas si terrible que cela, la vie à la campagne.

Cette petite toute mignonne n’a que 14 ans et pourtant un voisin lubrique la reluque depuis bien longtemps. Ce Didier Leroux de 40 ans, a fini par tenter de lui déclarer son amour. Un gâteau en forme de cœur, une phrase enflammée… mais cet adorable angelot se contentait de rigoler. Ce qui le frustrait encore davantage.

A partir de là, il semble que cet imbécile se soit fait un film dans la tête. « je me voyais déjà… ». Il espérait qu’elle lui tombe dans les bras après une scène macabre à la Scream, avec un masque, un couteau. Il l’aurait drogué, se serait démasqué et se serait présenté alors comme un héros. Enfin c’est l’histoire qu’il raconte, une fois passé aux aveux.

Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il s’est introduit silencieusement chez elle, une fois les parents partis. Et qu’il l’a pourchassé lorsqu’elle a commencé à s’inquiéter du bruit. Lui s’est coincé stupidement dans un interstice. Elle en a profité pour s’enfuir au dehors. Mais il a fini par la poursuivre et la tuer sur un chemin.


Il est rare qu’on donne 60 coups de couteau à sa victime. Il faut avoir forcément des passions fortement négatives et des frustrations. On imagine l’horreur.

La bâtisse du méchant était située à proximité. Et elle a hébergé la famille de Priscillia, le temps que la police fasse les investigations sur les lieux du crime. Du coup ce pervers pouvait profiter des informations suite aux progrès de l’enquête.

Sentant le filet se refermer, ce pauvre type a abrasé les semelles de godasses, dont l’empreinte représentait une piste très valable. Manque de bol ou plutôt bêtise crasse, les limiers ont retrouvé la meuleuse est les morceaux incriminants.

Le matériel était préparé dans la voiture, avec cet affreux masque, ce couteau et ce rouleau d’adhésif. Le coup était bien prémédité.

Il n’était pas fou au sens d’irresponsable et il avait bien l’intention de la violer avant de la tuer.

Mais, je pense qu’il était fou selon une certaine nosologie. A mon sens, il s’agissait d’une érotomanie.

***

Henri Ey nous éclaire à ce sujet :

Le Délire érotomaniaque. — L’illusion délirante d’être aimé.

Aucun psychiatre ne l’a mieux étudié dans sa description clinique que G. de Clérambault. Avec une perspicacité géniale et un rare bonheur d’expression, il a mis en évidence, dans cette structure typique du Délire passionnel systématisé, les postulats fondamentaux de cette passion amoureuse délirante et les thèmes dérivés dont la connaissance éclaire tout le comportement de ces malades au cours des trois phases de l’évolution de la psychose (stade d’espoir, stade de dépit, stade de rancune).

Les sentiments générateurs du postulat fondamental sont : l’orgueil, le désir et l’espoir. Le postulat fondamental lui-même se formule ainsi : c’est l’Objet (la personne dont le patient se croit aimé et qui est généralement de rang plus élevé que le Sujet) qui a commencé à se déclarer, c’est lui qui aime le plus ou aime seul.

Les thèmes dérivés ne sont pas toujours et tous déduits, mais ils émergent typiquement du développement du roman délirant ; ces thèmes dérivés sont les suivants : l’Objet ne peut avoir de bonheur sans le Soupirant-L’Objet ne peut avoir une complète valeur sans le Soupirant. L’Objet est libre, son mariage est rompu ou n’est pas valide. De plus, l’érotomane est convaincu d’un certain nombre de thèmes qu’il « démontre » : vigilance continuelle de l’Objet, conversations indirectes avec l’Objet, protection continuelle du Sujet par l’Objet, travaux d’approche de l’Objet, sympathie quasi universelle que suscite le roman en cours, conduite paradoxale et contradictoire de l’Objet, ressources phénoménales dont dispose l’Objet.

Aussi l’érotomanie délirante se développe-t-elle en un système pour ainsi dite fatal. Elle aboutit, à la phase de rancune, à des réactions agressives à l’égard de l’Objet qui vont jusqu’au « drame passionnel » de la rupture et de la vengeance.

… Cette érotomanie pure se manifeste cliniquement chez ces « excitables excités » comme les désignait G. de Clérambault, par une exaltation et une polarisation passionnelles intenses et qui commandent toutes les conduites du Sujet.

Le système délirant s’élabore selon G. de Clérambault sur la base d’intuitions, de démonstrations fausses, d’illusions et d’interprétations sans hallucinations.

***

Courage fuyez si vous lisez cet embryon de texte là :

«Priscilla Ciatti a été assassinée de soixante coups de couteau à quelques centaines de mètres de chez elle, en 2001, aux Ecrennes, en Seine-et-Marne. »

Vous noterez que les perroquets du Net répètent en plus la même faute en mettant Priscilla au lieu de Priscillia.

Venez plutôt sur notre site informatif, sans pub, bénévole. Ces sites sont bidons et pourtant ils squattent les premières places Google, alors que l’accès est payant et qu’ils n’ont rien à dire. Ils recopient toujours les mêmes quelques lignes ! Consternant.

Effrayant et déshonorant pour notre éminent moteur de recherche.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Indices_(%C3%A9mission_de_t%C3%A9l%C3%A9vision)

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