Jeux de guerre (1992) 3/10 Harrison Ford

Film c*** ?

Une saga patriotique ultra-classique, qui dure deux longues heures.

On commence à les connaître par cœur, les lassantes recettes de ces « produits », que sont les films d’action. En tout cas, ceux de l’ancien monde !

Bon, je redonne la formule entrée-plat-dessert, pour ceux qui n’ont pas écouté.

Au début tout va bien. On assiste à l’exposition des principaux personnages. C’est calme, voire rassurant.

Le scénario se construit doucement. Il sera délivré par petites touches, pour créer une sorte de teasing. Plus l’histoire est mince, et plus l’affaire sera révélée au compte goutte.

Tout se complique rapidement, avec une succession de rebondissements de plus en plus violents, de plus en plus improbables.

Pour aider à pimenter la faiblesse du Story Telling, on rajoute quelques pas de travers, en principe là où on ne les attend pas. Si tant est qu’on puisse encore être surpris, par ces trucs de réalisateurs fatigués. Et on voit de ces trucs !

Les films c*** se reconnaissent, à ce qu’ils osent tout. Pour paraphraser un grand philosophe du siècle dernier (Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît – Audiard)

Le personnage principal se montre d’abord confiant. Mais rapidement il sera menacé. D’abord il y aura des escarmouches, puis un tas de dangereuses pérégrinations, de coups bas, qui le mèneront assez vite aux limites de la faillite.

Vous pouvez tenter la course au précipice, la chevauchée vers les Enfers de la Damnation de Faust de Berlioz, pour vous mettre dans l’ambiance.

S’il est blessé, et il le sera, se sera toujours de manière spectaculaire, mais somme toute légère.

Et cela malgré des situations de plus en plus vertigineuses et/ou un canardage de balles qui n’épargnent aucun millimètre de la scène.

Il faut s’y faire, c’est comme cela avec le saint patron des artistes (Bienheureux Fra Angelico, priez pour eux).

Et enfin on nous gratifiera d’un redressement spectaculaire, quasi inespéré. Le baroudeur reprend du poil de la bête. Ça fait du bien pour calmer nos nerfs éprouvés. A part que c’est archi téléphoné.

Ce chemin de croix à l’envers, manque vraiment de surprise, puisque l’on sait depuis le début que l’inoxydable interprète s’en sortira. Aussi sûrement que le gars qu’il croise en chemin finira sur la croix – bâillements.

Ce rôle est toujours tenu par une vedette bankable, ici Harrison Ford.

Plus pentues seront les montagnes russes de son interprétation, plus il aura l’espoir d’un haut sommet type Oscar ou Golden Globe. Le pauvre Harrison sera bredouille, même pas nominé, malgré toutes les difficultés qui lui tombent sur le coin de la figure. C’est injuste. Ne le plaignez pas trop, le film fera quand même la triplette (recette = 3x l’investissement). Il aura son cachet.

Le dénouement « attendu » sera aidé par l’arrivée « inespérée » de la cavalerie.

L’affaire se termine par un happy end, qui sauve les gentils et punit les méchants. Il faut un triomphe en public avec reconnaissance finale au plus haut niveau, et ceci d’autant plus que l’on s’est permis de douter du héro – Point barre en qui concerne l’histoire.

La « psychologie » ? : s’il y en a, elle est dans les vertus familiales, ou dans le challenge de l’individu contre institution, ou dans l’axiomatique principe qui fait que rien ne peut résister au « triomphe de la volonté », ou dans l’esprit revanchard qui mène à toutes les extrémités.

Voilà, maintenant vous mettez tout ce bastringue dans un logiciel combinatoire, vous ajoutez des situations type et des acteurs célèbres, et vous obtenez tout ce qu’il est possible de créer comme films ennuyeux sur cette planète .

Ici par exemple, les données de deux côtés de la matrice seront : Irlande et Etats-unis – Catholiques et protestants – IRA et dissidence de l’IRA – Tempête du désert et Libye – Des terroristes en noir et blanc façon IR ou polychromes et une franche rouquine non moins terroriste – Madame le Dr et M l’ex CIA – Petits n’enfants sans défense, femme enceinte et grands dangers – Lords britanniques guindés contre bons gars américains – Mauvaises passions contre salutaire raison… J’arrête là, j’en ai marre, débrouillez vous.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_de_guerre_(film)

Harrison Ford
Anne Archer
Sean Bean
Patrick Bergin
Thora Birch

Jeux de guerre (1992) 3/10 Harrison Ford

Père courage (The Patriot lui-même !)

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