Avis Grande Loge de France – Témoignage 30 ans de Franc-Maçonnerie – Vitesse de croisière.

Vous trouverez ici la troisième des 5 parties de la « planche » qui a accompagné ma démission, après 30 ans de maçonnerie.

Planche (en a-t-elle encore le statut?) ou bien bilan des 30 ans. En tout cas clap de fin. Et je voulais quand même tirer les leçons de cette longue expérience.

Il est de coutume de demander au F qui a passé 30 ans dans l’institution, de faire une planche sur son expérience. Il a même droit à un petit cadeau pour avoir résisté si longtemps.

On ne m’a rien demandé, mais je m’exécute quand même. Cela me permet de clarifier mes idées et sans doute cela pourra en aider quelques uns à prendre les bonnes décisions.

Le plan en 5 parties :

  1. Avis Grande Loge de France – Histoire 30 ans de Franc-Maçonnerie – La genèse.
  2. Avis Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans – Explication – L’âge d’or.
  3. Avis Grande Loge de France – Témoignage 30 ans de Franc-Maçonnerie – Vitesse de croisière.
  4. Démission Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans. Constat inquiétant. Descente aux enfers et prise de conscience.
  5. Avis Grande Loge de France non réformable – Mal structurel profond.

***

Vitesse de croisière.

Il a bien fallu travailler.

Sentant sans doute mes doutes face aux rites, on m’a demandé de faire un exposé là dessus. Mais je ne peux me retenir d’aller aux fonds des choses. Et donc j’ai entrepris une immersion en eaux profondes. Je me suis retrouvé à la racine de ces phénomènes. Du coup j’ai infligé à mes camarades une analyse comparative ethnologique. Pour moi c’était enrichissant, mais mes F n’avaient peut-être pas si envie que cela qu’on les convie à une thèse. En général, ils privilégient l’émotion à l’aridité du contenu.

Mon travail conjoint avec le GO sur la bioéthique m’a semblé de la même intensité. Je connaissais bien l’éminent F du GO avec qui je partageai cette tribune. C’était un pur FM manière troisième république. Il m’a fait part de son immense étonnement et de sa satisfaction, que la parole chez nous à la GLF puisse être si libre et progressiste. Mon père avait sans doute raison avec son jugement initial. 

Ce n’était juste qu’une parenthèse. Par la suite on n’a manqué de me signaler que j’étais parfois « hors sujet ».

Et je ne reviens pas sur les innombrables fois où j’ai cru bon d’assommer les F, par mes propos passionnés, bien que raisonnés souvent.

Mes charges professionnelles intenses, ma riche vie sentimentale, ma belle famille, m’ont souvent tenu éloigné de la loge. Et quand on espace les visites, on finit en quelque sorte par désamorcer la machine. Moins on vient, moins on a l’énergie de venir, c’est classique dans les associations.

Et puis, les promesses de l’âge d’or n’ont pas toutes été tenues. On découvre qu’il y a aussi ici des rancœurs, de petites cabales, des inimitiés… Certaines interventions sont prévisibles et routinières. Et tout en haut de le GLF, ce n’est toujours très brillant non plus. Je ne parle même pas du contentieux inter-obédientiel. La magie s’envole. On finit par regarder tout cela, comme quelque chose de plus ordinaire. Et on n’a pas tort.

Il a fini par arriver quelques présidents moins stimulants que d’autres. Des forcenés de l’ordre, que j’aurais bien vu en costume noir Hugo Boss des années sombres. Ils ne supportaient pas le moindre bavardage.

Dommage pour moi, car j’étais une de ces personnes, qui adorait discuter des interventions en cours, en aparté avec mes voisins de banc, sur un registre moins protocolaire. C’était un de mes grands plaisirs, cette connivence non réglementaire. Mince alors ! De l’amusement décontracté, à la paranoïa sauce pas de l’oie, j’ai entrevu un gouffre insurmontable. Premier coup de canif dans le contrat.

Il y en a eu d’autres des « présidents ». Ils n’avaient pas forcément le caractère qui me convenait. J’avais sans doute une idée préconçue, qui laissait peu de place aux trop expansifs, aux personnalités envahissantes. J’ai toujours eu horreur de ce bruit, qui empêche de penser. En fait, je ne les trouvais pas trop « maçonniques »

Et quand j’ai vu un F mis en boite par quelques phrases cinglantes, cela m’a mis très mal à l’aise. C’était un modeste qui n’avait pas les moyens de se défendre et pour qui se faire chahuter en cours de récréation avait de l’importance. Il n’y avait sans doute aucune mauvaise intention, c’était je suppose de l’humour, cela faisait rire les autres.

L’extrême « fragilité » de ce frère, l’a amené plus tard à trucider une partie de sa famille et se suicider. Et ce, bien entendu, pour d’autres raisons.

Moi aussi, le bruit que je ne peux empêcher, cela peut me rendre méchant. Je n’y peux rien. Et qui sait, suite à cela, j’ai peut être à mon tour poussé un peu les choses, pour qu’elles aillent un peu plus vite, là où elles devaient forcément finir.

Il y a eu des chamailleries, des querelles de chefs. Bref, cela commençait à ne plus être du tout le paradis.

Quitte à décevoir encore, je n’ai jamais été totalement à l’aise en salle humide non plus. Certes ça pouvait être bien. Mais ça me rappelait parfois la camaraderie de chambrée, comme dans feu le service militaire. Prime au plus braillard ? Toujours ce fameux bruit. Je me « réfugiais » plutôt auprès des plus pensifs et des plus réfléchis. On prolongeait souvent ce qui s’était dit en haut.

Mais par contre, je tire mon chapeau aux « professionnels » de la blague. G*** par exemple nous a gratifié du plus beau « manège » qui soit. On en parle encore. C*** était parfait.

Il faut dire à décharge, que comme on ne rigole pas trop en maçonnerie et qu’on a tendance à se prendre pas mal au sérieux, la franche rigolade devient une contrepartie indispensable. Ça devrait être marqué dans le rituel.

Et puis mon fils a été sollicité par les « amis ». Je lui ai recommandé une certaine prudence. Bien sûr, il peut être intéressant « d’aller voir ce qui se passe » et de se faire ainsi sa propre idée. Ce n’est pas tout à fait la démarche qui est prévue cependant. Il nous a rejoint de son plein gré. Et il a pu se faire son idée. Il a démissionné.

La suite ici : Démission Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans. Constat inquiétant. Descente aux enfers et prise de conscience.


Avis Grande Loge de France – Histoire 30 ans de Franc-Maçonnerie – La genèse.
Avis Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans – Explication – L’âge d’or.
Avis Grande Loge de France – Témoignage 30 ans de Franc-Maçonnerie – Vitesse de croisière.
Démission Grande Loge de France – Franc-Maçon 30 ans. Constat inquiétant. Descente aux enfers et prise de conscience.
Avis Grande Loge de France non réformable – Mal structurel profond.

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